Un dimanche à St Rémy (version intégrale)

Il fait dimanche à Saint Rémy
Cette nuit je n’ai pas dormi,
c’était la fête dans le village,
il y a eu un peu de tangage.
Saint Rémy semble alors une île.
Sous un’e mer de brouillard émergent,
aux petits lointains clairs, la ville
et des naufragés sur ses berges.
Des conscrits en gueule de bois
flottent, coincés entre deux caisses.
En s’étayant par deux ou trois,
ils braill’ent et kronenbourqu’ent en Bresse.

Il fait dimanche à Saint Rémy sur rien
J’e n’attends personne et personne ne vient
Il fait dimanche

Il fait dimanche à Saint Rémy
Il fait un temps d’après-midi ;
j’ai arrangé un peu les plantes,
qu’e ça fass’e pas trop „maison à vendre“.
De bell’es- mamans, de beaux papas,
beaux gendres, filles ou vice-versa
feront quelques pas sûrement
voir les maisons des lotiss’ements.
Les gens pass’eront comme le temps
car le temps pass’, c’est son boulot.
Il n’a que ça à foutr’e, le temps,
et il le fait bien, le salaud.

Il fait dimanche à Saint Rémy sur rien
J’e n’attends personne et personne ne vient
Il fait dimanche

Il fait dimanche à Saint Rémy
C’est le soir et j’ai trop écrit ;
je suis crevé, je me relis :
c’est d’e la pâtée pour Marconi !
Je fais un petit tour de l’île,
envie de saborder mes rimes…
Il fait dimanche à Saint Rémy
et demain, demain… c’est poubelle !

Son et lumière

« Tchoui ! Tchoui ! Tchiou ! Tchoui ! » Je le fais bien, hein !
Le son du bouton de culotte qui lâche !
Tiens, on pourrait en faire un son et lumière… Dîtes-donc !

Imaginez un vaste pré, une prairie vallonnée immense ! Avec des centaines de figurants : des quinquas qui… qui paissent… qui broutent sur chacun des deux mamelons de la colline. Au fond, mais que le spectateur verrait pas, les bâtiments de la stabulation, des étables – qui serviraient de logistique- là où les femmes recoudraient les boutons des costumes : des milliers de costumes ! (on mentionnerait ça sur les affiches !). Des milliards de boutons ! Un projecteur par bouton ! Euh… des boutons fluos plutôt ! Un char avec des boeufs et deux-trois moutons pour faire d’époque… Une cornemuse, des tambours. Et…
ROULEMENTS ! Les centaines de milliers de quinquas en position chacun sur sa colline ! Attention : soufflez… INSPIRATION ! Tchiou ! Tchiou ! Tchiou ! Les boutons de culotte qui volent et fusent de toute part ! Le gras qui se répand ! A l’infirmerie – la stabulation- on recoud pour la deuxième charge ! Ce serait… Napoléonien !… Bon.

De toute façon, c’est facile de critiquer quand on fait jamais rien pour sa commune. Et bien moi, je vais proposer cette idée au Comité des fêtes. Là !
Bande de rabat-joies, va !

(Imagine que l’idée soit retenue !
– On n’est pas à l’abri !
– Dis- donc ! Non, ce n’est pas possible, y a pas de cornemuse dans la commune…)

La valse des quinquas

C’est la valse
des quinquas
qu’ont plus d’ grâce
qu’ont qu’ du gras

1)C’est la vals’e des quinquas
qui grommell’ent, faut voir ça !
Contre un bouton d’e culotte
qui joint plus, saperlotte !
Maudiss’ent leur légitime
en s’e tordant sur l’ lino:
„Plus j’e vieillis, plus Martine
lav’e mes fut’es sur „trop chaud“!“

2)Et ils vals’ent, les vieux beaux,
mais sans respirer trop,
bien contents qu’e leur Françoise
aient un ventre concave.
L’e ceinturon s’erait trop court,
loin du premier oeillet !
Pour les bretell’es, trop lourd :
tout tomb’erait sur l’e parquet.

3)Mais quand vient le moment
où il faut inspirer,
comm’e des missil’es volants,
les boutons sont lâchés ! (« Tchoui ! Tchoui ! »)
C’est comme à Gravelotte,
ell’es tomb’ent sous les rafales (« Tchoui ! Tchoui ! Tchoui !»)
des boutons de culotte,
les Colett’e, les Chantal…

4)Et à propos de gras,
celui-ci, libéré,
se répand comme un raz
de maré’e, ah ! Purée !
De sort’e que de ce bal,
personne on ne revit !
Méditez la morale,
Patricia et Sylvie…

5)Profitez des atouts
d’e vos maris rembourrés.
Existe-t-il plus doux
en guise d’ oreiller ?
Et… A propos des missives
concernant votr’e lessive,
soyez de bonne foi
et lavez sur… « Plus froid ».

L’allégorie de la poule ou la parabole de l’omelette aux oeufs

Je vous salue Marie, pleine de grâce
Le Seigneur est avec vous ?
Bon, eh bien je repasserai alors…

Prenez et mangez ceci est une omelette
Fruit du travail et du cul de mes poules

C’est con une poule mais ça pond !
Le chat pond pas et si le chapon non plus c’est qu’il en a plus.
Non. C’est con une poule mais ça pond !

Prenez et mangez ceci est une omelette
Fruit du travail et du cul de mes poules

C’est con une poule mais ça pond, y a pas de doute !
L ‘auto pond pas elle traverse la route
Dans le sens de la longueur
La poule pond mais elle traverse dans le sens de la largeur.
Ainsi donc l’auto et la poule traversent toutes les deux
Et on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs !
Mais en vérité je vous le dis
C’est l’auto qui finira dans le congélateur !
Une poule c’est con mais ça pond !

Prenez et mangez ceci est une omelette
Fruit du travail et du cul de mes poules

Une poule c’est con mais ça pond !
L’hivers ça pond moins et quand il fait froid
Ça pond plus du tout tellement ça glagla.
Alors l’Homme pas con, mais qui pond pas,
Installe la poule bien chaudement dans le congélateur
Et là elle retrouve le chat, le chapon et l’auto !
C’est con une poule au pôt, ça eut pondu !

Prenez et mangez ceci est une omelette
Fruit du travail et du cul de mes poules
Et cet homme pas si con en pondra une histoire
Dont deux mille ans après on causera, va savoir.

Youpi !

La Grilladaise

J’ai pensé à cette chanson : 
Parlez-moi d’amour 
à retourner 
La Marseillaise 
dans ses sillons
Remplis de sang contaminé.
Y avait aussi La Paysanne écrite par Gaston Couté…
C’était trop beau et qu’on me damne :
Non, certains ne le méritaient.
Et donc, oyez
C’est tout chaud, tout chaud : 

Cuis, cuis, cuis petit barbecue 
Et dansons youh youh youh youh youh ! 

Comme les messag’es des Indiens 

Monte, monte petite fumée, 

Va-t-en prévenir les voisins 
que c’est prêt, que c’est prêt : ?c’est prêt ! »

Ca vaut pas l’ Internationale
C’est moins drôl’e mais plus convivial.
« Propriétaires, locataires ! » (faîtes le taire !)
Habitants de tous les quartiers :
Les villag’es, les villes, les régions…
Rappliquez tous et faît’es pas chier,
Y en pour tout’es les religions…
Du kacher pas cher, des merguez,
Végétarien, du boeuf, du porc,
Poisson vendredi pour Thérèse,
Unissez-vous et chantez fort !
Et tant qu’à faire, en soufflant sur la braise.
Et tant qu’à brair’e, chantons la Grilladaise ! (c’est le titre)

Cuis, cuis, cuis petit barbecue 
Et dansons youh youh youh youh youh !
Comme les messag’es des Indiens
Monte, monte petite fumée,
Va-t-en prévenir les voisins que c’est prêt, que c’est prêt : ? c’est prêt ! »

De mon âge

Etr’e dans un tableau, accroché,
Colliour’e, sa plage et son clocher,
Ses remparts et son vin, sang-bleu !
Oui, il exist’e, c’est lui, c’est Dieu !
Ma chié’e d’orteils en éventail ;
La tramontane entre leurs failles…
Ah ! Et trousser l’eau bénit’e de cave
Avec un’e vieille de mon âge.

Fuyons la chaleur torride
Comme une mer rapetassée
Par chaque vagu’e, par chaque ride,
Nos deux peaux sont à repasser.
Car le soleil veut y voir clair
Entr’e chaque lam’e, chaqu’e pli de chair
Ah ! Bronzer à l’ombre sur la plage
Avec un’e vieille de mon âge.

Il faut tant d’anné’es pour apprendre,
Quand tout flambe, que rien ne presse.
Et tant d’années pour comprendre
Eh ! Que ça urge, oh ! Ma princesse !
Car quand la sagess’e prend de l’âge,
Ell’e dit de ne plus être sage…
Ah ! Philosopher marivaudage
Avec un’e vieille de mon âge.

Nos deux carcass’es sur les rotules :
Tout lâch’e ! Mais le coeur, ah ! Malheur !
Mon oreillett’e, ton ventricule
Ell’es peuvent tortiller le leur,
Les p’etit’es sirèn’es au bord du quai :
Ca empêch’e pas de reluquer !
Allez ! A notr’e santé, à leur naufrage !
Et viv’e la vieille de mon âge.

Ma prof de math (version intégrale)

Je mat’e, je mat’e ma prof de math !
Je mat’e, je mat’e ma prof de math !
Je mat’e, je mat’e ma prof de math !

Je mat’e, je mat’e ma prof de math !
Je calcul’e comme un obsédé
D’improbabl’es probabilités.
Quand elle arpente dans la classe
Pour expliquer les factoriels ;
Quand sur l’estrade, ell’e se déplace
J’ai des raideurs exponentielles.
Quand elle vient je sue
Mais quand elle repart surtout
Avec son petit cul
Qui la suit… qui la suit partout !
Je mat’e, je mat’e ma prof de math ! (4 fois)
Je ne pense qu’aux équations
Trouver le « x » mon obsession !
Sur ses courb’es et sur leurs fonctions,
Je me tortur’e le ciboulot
Mais j’entrevois la solution :
Sa robe est courte, haut le tableau…
Quand elle dessin’e dessus
Des sinusoïdes surtout
Il y a son petit cul
Qui nous fait… Qui nous fait coucou !
Je mat’e, je mat’e ma prof de math ! (4 fois)

Ell’e nous parl’e de savants douteux ;
Qu’ils aill’ent se fair’e voir par les Zeus !
Les ronds, les carrés et les droites,
Je les remis’e dans une boite,
Un’e boite à fantasmer   très fort :
T’as pi, t’as Euclide pi… t’as gore !
Elle est si convaincue ;
Sa scienc’e passe avant, j’e le concède :
C’est vrai son petit cul,
Il la suit… Mais ne la précède !

Je mat’e, je mat’e ma prof de math ! (4 fois)

Son petit « c », cett’e simple lettre,
En facteur, je voudrais m’e le mettre.
Un petit « c » entr’e » parenthèses,
Sur le papier ça fait un’e lune…
Le temps d’e creuser cette hypothèse…
La cloche sonn’e. Partie la lune !
L’e  produit de mes calculs
Je crains qu’il ne soit devant vous
C’est un p’etit trou du cul
Qui la sui-… la suivait partout !

Ah ! Sous la lune…

Ô bonheur formidable !
Ô joie incomparable !
Ô jouissance extrême !
Ô extase à la crème !
Ô mon Dieu que c’est bon !
Et pourtant que c’est con !
Le soir venu, sans retenue,
d’uriner sous la lune
avant d’ aller aux plumes
Oui, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah,pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah, se laisser aller
et ne penser à rien,
c’est un peu s’envoler
en ballon aérien
et puis lorsque se crève
la montgolfièr’e de rêve,
larguer une caisse
Ah, quelle liesse !
Une caisse en contre-ut
pour convoyer la chute
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ce plaisir est rural
mais aussi citadin ;
il concerne les mâles ;
l’est aussi féminin :
Mesdames à votre balcon,
prenez la position…
Vous entendrez
au rez-de-chaussée
comme l’écho dans la nuit
des chanteurs sous la pluie :
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !

Woh Bijou

Vingt-cinq ans passés à usiner pour l’avenir,
c’est vingt-cinq ans passés à fabriquer des souvenirs.
A se mettre des talons hauts
pour paraître grand ou déjà belle
à jalouser ses grands frérots
qui, eux ont le droit d’avoir des ailes.
Vingt cinq ans à rêver d’un chalet en ruines
avec des copains un sauc’ et un’e mine
Vingt cinq ans à croir’e qu’on n’en profite pas,
que bientôt on verra ce qu’on ne verra pas !

Car le temps est un cheval ;
il s’appelle “Bijou”.
Vingt-cinq ans qu’il détale
Woh Woh Woh Woh Bijou !

Les vingt-cinq ans suivants, nos souv’enirs sont engrangés
Les vingt-cinq ans suivants, on s’en repaît sans compter.
Sur l’e crâne à Paul ‘ y a plus qu’un ch’eveu
on se rappelle et ça défrise ;
un sac à dos au fond des yeux
mais en-dessous, c’est des valises !
Vingt-cinq ans à renier le chalet en ruines
à millésimer femme, enfants et bibine…
Vingt-cinq ans de plus et ce cheval sans bride
a tiré sa charrue pour labourer des rides.

Car le temps est un cheval
Il s’appelle Bijou
Cinquante ans qu’il détale
Woh Woh Woh Woh Bijou !

Vingt-cinq ans plus tard nos souv’enirs tomb’ent en trémolos   !
Vingt-cinq ans plus tard on rejoue aux petits chevaux
Mais avant l’ultim’e jet de dés,
notre Bijou, en vieux brisquard,
se f’era bouler par un bidet  :
retour à la case départ !
et à l’assaut de la colline vers le chalet en ruines
on va s’en construir’e des tout-neufs de souv’enirs !
C’est son dernier soupir, c’est son dernier combat,
mon cheval va mourir, Messieurs-Dam’es chapeaux bas !

Woh Bijou, calme, c’est bien,
Regarde, Bijou, c’est là, on est arrivé
Bonsoir !

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