Ski de fond

Dancing ! Night club !
Mais qu’est-c’e qu’i’ font là d’edans ?
J’e vais ch’eter un oeil…
Du ski d’e fond !
Sous de la neige en boîte
au son de la musique,
on peut skier en boîte !
Attention ! Ski nordique !
J’ai voulu de visu
cette info vérifier ;
m’y voici donc rendu
avec mes planch’es aux pieds,
mon bonnet, mes mitaines,
mon pull-over en laine…
“Allez les jeûnes, fait’es place !
Laissez-moi fair’e la trace !”
Parlant de trace, il me vient à propos
l’envie subit’e de faire pisser l’oiseau.

Qu’est-c’e qu’i’ font  ?…
Du ski d’e fond !
Sous de la neige en boîte
qu’une boule miroite
vérolant les visages :
chapeau le paysage !
Mes lunett’es de glacier
me font un p’etit peu “cier”
pour yeuter les minettes
qui skient  en chemisette.
“Hue !” Ils font du “sur place” !
C’est normal, nom de nom !
Je suis l’e seul efficace
à avoir des bâtons !
Vivement une pause que je puisse
songer enfin à desserer les cuisses !

Qu’est-c’e qu’i’ font  ?…
Du ski d’e fond !
Sous de la neige en boîte
décoll’etées les d’emoiselles
presque jusqu’aux savates :
que la montagne est belle !
Je sors mon appareil
pour faire une diapo ;
100 ASA sans soleil,
c’est “sous-ex”, pas de pot !
Je pos’e le sac à dos
et je gueule aux ados :
“Hoooo !  Fait’es passer la thermos,
le sauc., le calendos !”

”Et pas l’ombre d’un semblant de sapin
que je fasse enfin pleurer mon pingouin !

Qu’est-c’e qu’i’ font  ?
…. Non, c’est la pause ! (c’est reparti !)
Sous de la neige en boîte
un’e fill’e pique un “à-plat”
en se prenant les pattes
dans mes spatul’es en bois !
Me faut la ranimer :
bouche-à-bouche bien sûr !
Ell’e semble pas aimer
mon produit pour gerçures !
Bon sang ! Je n’y tiens plus !
Mes skis pour un mélèze,
que je puisse dessus
me soulager à l’aise…
Tout par un coup, j’aperçois un palmier !
La belle aubaine : houi ! Houi ! Ayé !

Oh ! Pardon, Monsieur le palmier !
Hein ?! Vous êt’es… disc-jockey !!?
Et ça c’est votre p’etit shirt !… O.K. !
Qu’est-c’e que j’e fous ?
(attention à la rime !)
Qu’est-c’e qu’i’ font  ?
…. Du ski d’e fond !
Qu’est-c’e que j’e fous ?
…. Je ne vous le fais pas dire !

Quarante ans

A quarante ans, putain !
Si sont bons mes calculs,
vu que à quatre-vingts,
je s’erai dans le sapin,
à quarante ans, putain !
Je bascule, je bascule !

Quarante ans, on est digne,
pas question de lifting,
on se bouge le pudding
en faisant du jogging,
un cheveu en banane
et les autres coiffés “moine” ;
quarante ans, on est in,
on s’appelle et on dîne.

Quarante ans, je bascule,
à propos de“bascule”,
elle crie ses haillons,
ma bedaine au bedon,
à quarante ans, c’est nul,
il faut faire taire haillons (“terraillon” !)

Quarante ans, camarades,
Quarante ans, je me tâte,
nos moyens d’e  production
s’écriv’ent en minuscules ;
nos points d’exclamation :
de petites virgules !
Quarante ans, je me tâte,
j’en ai gros sur la prostate !

Mais à quarante ans, Madame,
si sont bons mes calculs,
on a deux fois vingt ans,
pour fêter l’évèn’ement,
à quarante ans, Madame,
tu m’e bouscules et … on bascule !

tatatan !

Soupplice

Y’é trouvé au grenier
ouné poupée en terre molle
que nous rapporta
de chez les Incas
un vieux conquérant éspagnol, Olé !

On dit que grâce à ces poupées
les Incas pouvaient torturer
un ennemi même à distance
grâce à un cheveu expérience :
y’é mis un tif sur la poupée
et y’é piqué là où y’é pense … Ahou !

Chevelous dé tout poil, tremblez !
D’emandez pardon pour vos offenses.

Au début, la torture,
y’é la pratiquais que sur Bibi,
c’était égoïste,
ça dévénait triste…
Y’é mé souis ouvert à autrui, autrui !

Comme les infirmièr’es yé pique
en faisant gaffe au nerf sciatique,
y’é mé promène avec ma loupe,
y’é cherch’e des cheveux dans la soupe
pour le soupplice du cuistot
j’ sévis en douc’e sous le manteau… Ahou !

Et y’é retouve le traiteur
le cul dans le congélateur !

P’eti’tes aiguill’es, gross’es aiguilles…
Y’a des étap’es dans ma révolte
puis c’est le briquet, l’électricité…
douze, 110, 220 volts !

Un ch’eveu trouvé dans l’autobus,
avec la plum’e dé mon gibus,
y’é chatouill’e sous les bras de ma poupée et le chauffeur fait l’e chimpanzé !

Ouné poil sous un banc d’église…
Ce sans-gêne mé scandalise ! Ahou !

J’entends dans le confessionnal :
“oh oui, Seigneur, c’est bon, j’ai mal !”

Emmerdeurs, assureurs,
y’é né fais pas dans le détail !
Ma poupée s’offusqu’e,
y’é soulèv’e ses frusques :
ses fess’es sont ouné champ de bataille !
Aïe ! Aïe ! Aïe ! Aïe !

Quand la tendress’e prend le dessus,
y’é la caresse, y’é la parfume…
Parfois y’é coll’e deux cheveux dessus
et y’é mélange un blond, un’e brune…

Y’é caline, y’é la joue Ronsard : muumm !
Et y’é pique en alternance : ahou !…

Muumm… Ahou !…

C’est ainsi que neuf mois plus tard,
j’avais tout répeuplé la France !

lalalalala…

(ça, c’était pour les subventions !)

Ma déglinguée

Tes yeux bredouillent
que sous ton manteau et ton corps
sag’e qui pendouille
Cendrillon aux beaux cheveux dors.
Sous un’e citrouille,
un corps de fée !
Comment tu fais,
tu te débrouilles
pour êtr’e toujours si déglinguée

Ma déglinguée
tu me déglingues
où t’es allée
trouver ces fringues ?
Dans un bouquet
on te distingue !
Ma déglinguée
tu me déglingues
à t’effeuiller,
mon coeur déglingue
à tout’e  berzingue
je deviens dingue.

Tes yeux me mouillent ;
je suis trempé
je suis planté
comme un fenouil(le)
qui attend qu’on vienn’e l’arracher.
Sous les glycines
nous prendrons le temps de démê-
ler nos racines
moi non plus je n’e sais pas danser

Ma déglinguée
tu me déglingues
à tournoyer
comme un bastringue
tu vas intriguer les beaux princes.
Ma déglinguée
tu me déglingues
à t’effeuiller,
mon coeur déglingue
à tout’e berzingue
je deviens dingue

Tes yeux de source
qui m’ont donné tous leurs secrets
une eau si douce
qui coule encore sur mes regrets
J’ai plus de puis
je t’ai fait l’e coup d’e la fleur fanée
et aujourd’hui
je n’ai que mes yeux pour pleurer

Ma déglinguée
et un matin
t’as pris le train
sans un au r’evoir
sans un mouchoir
sans un demain.
Ma déglinguée
si tu  reviens
je te promets
d’agiter des draps de remords
jusqu’à ma mort

Ma déglinguée
car ton fantôme
tout déglingué
qui se prénomme
simplicité
m’a déglingué.

J’aurai pas dû (monter dans l’arbre)

1 – C’était le bon temps des cerises
j’en perdais toute ma salive,
j’étais allé à la maraude
sous le cerisier du vieux Glaude
Je poussai un cri « tarzanien »
lorsque j’aperçus de très loin,
agrippée aux branches d’en haut
Vénus qu’était pas de Milo

Refrain :
J’aurais pas dû monter dans l’arbre
Non, j’aurais pas dû monter dans l’arbre !
Dû monter dans l’arbre

2 – La belle avec son grand panier,
peut-être allait-elle tomber
Tous mes voyants de jeun’e premier
m’indiquaient qu’il fallait grimper
J’en étais couvert de sueur,
et si je lui sauvais la vie,
mes ceris’es seraient bien meilleures
bien trempées dans de l’eau de vie

3 – J’en étais ivre de chaleur
Ell’e va tomber « Aïe ma mère! »
Qu’il faisait chaud, mon Dieu Seigneur !
Je me suis fait un’e mise à l’air
Et si le vieux Glaude arrivait
Ah, je l’entends d’ici gueuler :
« Mais qu’est-c’e que tu fous là, fumier,
à poil(e) sous mon cerisier ? »

4 – Je dirais : « regardez le ciel,
je vais secourir la d’emoiselle,
si je n’ai rien sur la carcasse
c’est pour être plus efficace ! »
Sans anticiper davantage,
je grimpai tout comme un corsaire
avant de lancer l’abordage…
C’est là qu’e j’ai compris la galère !

5 – Du vent, ce n’était que du vent
qui gonflait, gonflait son corsage
Du vent, ce n’était que du vent
Tout ça n’était que sabotage !
Du vent, ce n’était que du vent
qui soufflait, soufflait dans ses robes
Du vent, ce n’était que du vent
et pour le rest’e : « mon zob ! mon zob ! »

6 – Et quand j’ai levé son chapeau,
son immense chapeau de paille,
j’ai compris que j’étais un sot
et la belle un épouvantail !
Tiens, devinez donc qui survint
C’est le Glaude avec son fusil
J’e restai figé sur mon mann’equin
en imitant un crucifix !

7 – De pas me voir fit-il semblant,
il grignotait ses c’eris’es, le vieux,
pendant que des oiseaux gourmands
bequ’ettaient les mienn’es à qui mieux-mieux !
S’aperçut-il de mon supplice
quand il siffla au bout d’une heure
un’e version du « Temps des cerises »
repris’e par les merles moqueurs

Moralité :
J’aurais pas dû monter dans l’arbre
Non, j’aurais pas dû monter dans l’arbre !
Dû monter dans l’arbre !

Dans la fournaise

Je me souviens. Je me souviens…
Dans les classes primaires se trouvaient accrochés au mur une
sorte de cadre renfermant des tableaux, des gravures, prétextes à nous apprendre à nous exprimer, à construire des phrases…
Je me souviens. Je me souviens…
L’un de ces tableaux avaient pour thème : la chasse. Il y avait un de ces gibiers la-dessus !
– Il y a un chasseur avec son fusil !
– oui, bien !
– il y a un chien en arrêt devant un terrier !
– oui, très bien ! Maintenant, vous essayez de ne plus commencer vos phrases par
« il y a ».
– Je vois qu’il y a des canards sauvages !

Je me souviens Je me souviens…

Dans la fournais’e de mes souv’enirs
‘y a des patat’es pour les cochons ;
‘y a le boudin qu’on faisait cuire
lorsque l’on tuait le cochon.
Puis ces repères de l’histoire
qui grav’ent à jamais la mémoire :
on venait de saigner le porc
quand on apprit :  » De Gaulle est mort ! »
Le messager de la nouvelle
n’avait pas fait de parallèle ;
on parla du référendum
qui l’avait tué, le grand homme,
tout en débitant les côt’elettes
de l’animal, défunte bète.

Dedans la rue de mes souv’enirs
fraîch’es et nombreus’es gisent les bouses ;
Dans la prairie de mes souv’enirs
il y a la Saôn’e qui s’allongeait,
petit’e mer goulue pour venir
lécher la maison en pisé
Lors, debout face au cataclysme,
imprégné par mon catéchisme,
j’e levai l’e bras comm’e Moïse et … hop !
l’eau passait par dessus mes bottes !
La Saône, j’en rêvais la nuit
si fort que j’en mouillais mon lit..

Dans le chaudron de mes souv’enirs
‘y a de la confiture de pêche
qui clapotait à fair’e frémir
et qu’on remuait pour la lèche.
Qu’est-il devenu ce chaudron,
la fournaise et la rue des bouses ?
Et De Gaulle et le cochon ?
Sont les racin’es d’un gosse en blues.
Dans l’assiett’e creus’e de mes souv’enirs
‘y avait des yeux dans le bouillon ;
c’étaient les yeux de l’avenir
qui semblaient dire : « mange ! Couillon !
Mange si tu veux être un homme ! »
sous le béret de mes souv’enirs
Zorro est capé d’une blouse.
J’e les ai versés aux géraniums !

Boycott

Charlotte et moi
on est cafétéria
ou alors pizzeria,
c’est plus sympa.
Moi et Charlotte,
tous les grands restaurants :
Bocuse, Georges Blanc…
on boycotte !

Bébert, mon pot’e ,
il joue dans un group’e rock :
les “Bass’-cour-rock and coq”,
putain, ça dépote !
Mais à mon pote,
lui parl’e pas de Paris,
le Zénith ou Bercy :
il boycotte !

Charlotte et moi,
petit appartement,
allocation log’ement,
c’est plus sympa.
Moi et Charlotte,
un’e villa sur la mer,
résidence secondaire :
on boycotte !

Mon pot’e Bébert,
l’est livreur en journée
et le soir, en tournée !
c’est la galère !
Mais à mon pot’e,
lui parl’e pas de télé…
les stars- grass’es matinées :
il boycotte !

Mais ma Charlotte,
c’e qu’ell’e préfèr’e dans le rock
de bass’e-cour, c’est le coq !
Elle fricote.
Depuis Charlotte
convole avec Bébert,
les plaisirs de la chair,
je boycotte !

Comm’e c’est Charlotte
qui bossait dactylo
et que moi le boulot,
je boycotte !
De sa bicoque,
je me suis mis au vert ;
le gîte et le couvert :
je boycotte !

Si Saint Pierr’e me câble :
“euh… suite à un suicide,
y a une piaul’e de vide…”
j’e l’envoie au Diable !
Car bien que, crotte !
j’e le mérit’e plus qu’e certains,
son paradis rupin,
je boycotte !

Les yeux dans le noir

Les yeux dans le noir
D’un café tassé
J’ imagine un’e mare
Méditerranée.
La brume divine
Et caféinée
S’échappe et dessine
Un joli voilier ! (Woua !)

Je zoom’e sur le pont :

C’est moi le capitaine, bon !
Et tous mes amis sont sur le pont
Mad’emoiselle est dans ma cabine
Et ça sent bon dans les cuisines…

Les yeux dans le noir
D’un café tassé
J’imagine une mare
Méditerranée.
La brume divine
Et caféinée
S’échapp’e et j’e devine
Un’e bouche et un nez !

C’était mon reflet…

Le reflet d’un imbécil’e né
Qui sabord’e ses rêv’es de croisière
En jouant à “tobogganer”
Du sucr’e le long de sa cuillère… Plouf !

Les yeux dans le noir
D’un café tassé
Je vais être en r’etard
Pour aller bosser.

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