Ah ! Sous la lune…

Ô bonheur formidable !
Ô joie incomparable !
Ô jouissance extrême !
Ô extase à la crème !
Ô mon Dieu que c’est bon !
Et pourtant que c’est con !
Le soir venu, sans retenue,
d’uriner sous la lune
avant d’ aller aux plumes
Oui, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah,pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah, se laisser aller
et ne penser à rien,
c’est un peu s’envoler
en ballon aérien
et puis lorsque se crève
la montgolfièr’e de rêve,
larguer une caisse
Ah, quelle liesse !
Une caisse en contre-ut
pour convoyer la chute
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ce plaisir est rural
mais aussi citadin ;
il concerne les mâles ;
l’est aussi féminin :
Mesdames à votre balcon,
prenez la position…
Vous entendrez
au rez-de-chaussée
comme l’écho dans la nuit
des chanteurs sous la pluie :
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !

Woh Bijou

Vingt-cinq ans passés à usiner pour l’avenir,
c’est vingt-cinq ans passés à fabriquer des souvenirs.
A se mettre des talons hauts
pour paraître grand ou déjà belle
à jalouser ses grands frérots
qui, eux ont le droit d’avoir des ailes.
Vingt cinq ans à rêver d’un chalet en ruines
avec des copains un sauc’ et un’e mine
Vingt cinq ans à croir’e qu’on n’en profite pas,
que bientôt on verra ce qu’on ne verra pas !

Car le temps est un cheval ;
il s’appelle “Bijou”.
Vingt-cinq ans qu’il détale
Woh Woh Woh Woh Bijou !

Les vingt-cinq ans suivants, nos souv’enirs sont engrangés
Les vingt-cinq ans suivants, on s’en repaît sans compter.
Sur l’e crâne à Paul ‘ y a plus qu’un ch’eveu
on se rappelle et ça défrise ;
un sac à dos au fond des yeux
mais en-dessous, c’est des valises !
Vingt-cinq ans à renier le chalet en ruines
à millésimer femme, enfants et bibine…
Vingt-cinq ans de plus et ce cheval sans bride
a tiré sa charrue pour labourer des rides.

Car le temps est un cheval
Il s’appelle Bijou
Cinquante ans qu’il détale
Woh Woh Woh Woh Bijou !

Vingt-cinq ans plus tard nos souv’enirs tomb’ent en trémolos   !
Vingt-cinq ans plus tard on rejoue aux petits chevaux
Mais avant l’ultim’e jet de dés,
notre Bijou, en vieux brisquard,
se f’era bouler par un bidet  :
retour à la case départ !
et à l’assaut de la colline vers le chalet en ruines
on va s’en construir’e des tout-neufs de souv’enirs !
C’est son dernier soupir, c’est son dernier combat,
mon cheval va mourir, Messieurs-Dam’es chapeaux bas !

Woh Bijou, calme, c’est bien,
Regarde, Bijou, c’est là, on est arrivé
Bonsoir !

Ch’uis amoureux

Chui amoureux ! chui amoureux !
La vie est belle, je suis heureux !
Chui amoureux ! chui amoureux !
Les oiseaux chantent dans mon ciel… beleu !
Bien sûr, si elle l’était aussi,
la vie s’erait encor’ plus jolie !
mais que d’emander d’e mieux au Bon Dieu :
Chui amoureux ! amoureux ! amoureux !

Patron, c’est ma tournée, je veux fêter ma chance,
je viens de la croiser, la femme de ma vie,
mais ce qui me déçoit, disons, ce qui m’ennuie,
c’est son regard marqué d’un’e grande indifférence !

Je suis amoureux d’elle
mais c’est pas mutuel,
chui amoureux seul’ement
unilatéral’ement  ! Mais…

Chui amoureux ! chui amoureux !
Amour partagé c’est gâteau !
Chui amoureux ! chui amoureux !
C’est moi qui ai les deux morceaux !
Je suis comm’e  la bande à Renaud :
un couple à moi tout seul : perso !

C’est égoïste, pardon Mon Dieu, mais…
Chui amoureux,  amoureux, amoureux !

Chui amoureux ! chui amoureux !
Pour qu’ell’e le d’evienn’e c’est pas  sorcier !
Chui amoureux ! chui amoureux !
Pour la séduire il suffirait
qu’e chois mieux foutu, que j’aie du fric,
qu’e chois plus à l’hôpital psychiatrique !…

C’est là où y a des fous heureux !
Chui amoureux ! amoureux ! amoureux !

Moi qui suis amoureux, dans mon bonheur, je pense
à ell’e qui ne l’ est pas, j’imagin’e sa souffrance…
Quand j’e rentrerai chez moi, si un d’e ces jours je rentre,
j’e vais mettre au cou du chat, la cord’e qui d’evait me pendre !

Je n’e hurl’erai plus la nuit
à la mort qui me hante ;
j’e vais déboucher mon puits,
j’ai plus peur qu’il me tente !…

Chui amoureux ! chui amoureux !
La vie est belle, je suis heureux !
Chui amoureux ! chui amoureux !
Les oiseaux chantent dans mon ciel… bleu !
Bon…  si elle l’était aussi,
la vie s’erait encor’e plus jolie !
mais que d’emander d’e mieux au Bon Dieu :
Chui amoureux ! amoureux ! amoureux !

Chui amoureux ! chui amoureux !
La vie est belle, j’ai le moral !
Chui amoureux ! chui amoureux !
Patron ! Un’e tournée générale !
Bon… puisque tout l’ mond’ fait la gueule…
Tournée générale pour moi tout seul !

Je lèv’e mon verr’e, merci Bon Dieu !
Chui amoureux ! amoureux ! amoureux

Histoire véridique

Dans cette histoire véridique
Moi et ma sœur Monique
on y était.
Dans la ferme de chez nous
s’trouvait une pièc’e disions-nous,
désinfectée !

Des vestiges électriques
ne stalactitaient qu’un fil
et une douille.
Moi et ma sœur Monique,
au lasso et après mille
essais bredouilles,

on a fic’elé sur la douille
une corde qui pendouille,
un nœud en bas !
Oh , la belle balançoire !
Essayons de nous asseoir,
Moniqu’e, pouss’e-moi ! La,la,la, la !

L’installation électrique,
contrairement à Monique,
n’aime pas ça.
Ell’e n’aim’e pas qu’on lui chatouille,
ce qui chez ell’e s’appell’e “douille”
et patatras !

Ça a fait un gros éclair !
Je me suis r’etrouvé par terre :
“drelin, dreline”
Le jus qu’était dans la douille
est descendu dans les miennes,
j’en perds mes rimes !

Etat des lieux :
cell’e qui est rouge a du jus,
la bleue est neutre, j’en conclus :
monophasée !
Je suis relié à la terre
par un bout d’e chair jaune et vert :
normalisé ! La, la, la, la !

Epilogue :
Pour me punir, mon papa,
sur le c’erisier, m’attacha,
exhibant mes perles !
Mes appâts haute tension
ce jour-là eurent mission
de piège à merles !

De mémoir’e de cerisier,
on n’a vu pareil charnier,
un holaucauste !
C’était hitchcock-la revanche
et depuis quand on me branche
j’envoie la sauce !

Elle avait des yeux

Elle avait des yeux comme des étoiles dans le désert
mêm’e, que moi, et ben, j’aurais su où aller
Elle était gentill’e, gentill’e comme un dessert
où il y aurait du rab à volonté
Elle était jolie comme une  gourmandis’e sucrée
que pour ell’e, mon coeur, il s’erait en chocolat
car moi je lui aurais donné mon cœur en vrai !
mais peut-êtr’e qu’ell’e aimait pas le chocolat

Elle avait un nez tout petit avec deux trous dessous
que Cléôpatr’e ell’e serait jalous’e, sûr’ement !
Elle avait deux p’etit’es oreill’es percées au bout
que, quand j’e s’erai rich’e, j’y pendrai des lutr’es en diamant
Elle avait des joues si douc’es que je voudrais
être un’e bise pour lui dir’e “bonjour” toujours
Car moi je lui aurais donné mon coeur en vrai
mais peut-êtr’e qu’ell’e n’aime pas les abat-jour.

Elle avait aussi une bouche et un corps de merveille
même que la nuit, j’ y ai pensé des fois
Ell’e me faisait plus chaud que tous les soleils
que moi, mon cœur il était tout flagada !
Si je la revois je la grignoterais
avant qu’un goulu ne me la croqu’e tout’e crue !
Moi je lui aurais donné mon coeur en vrai
mais peut-êtr’e qu’ell’e aimait pas le chocolat … fondu.

Oh Barbara (version intégrale)

La toute première fois que j’ai croisé Barbara, j’ai tout de suite su que c’était elle.
Plus tard, elle m’a invité dans son appartement et là… oh ! J’ai gaffé ! J’ai pas été à la hauteur !

Comment expier de mes entrailles
cette honte qui me tenaille ?!

Ce cassoulet est de quelle marque ?
C’est toi qui l’as fait ! Hum !… remarque !
Et au fait, tu d’evais refair’e ton papier peint,
virer ces fleurs, c’est vrai que… hein !
C’est fait  !
Et comment va ta mère ?
Très bien ! Tant mieux ! Ah, c’est ton père…

Bon, ben… prompt  cassoulet … papier-peint ! … Condolé… rétablissement !

Disparaître dans la jungle , la toundra,
prendre le maquis
Et depuis, quand je croise Barbara,
mon ange me dit :
« Tir’e-toi par le bois ! »

Je ne l’ai revue que deux ans plus tard, et là aussi… Ach !

Comment expier de mes entrailles
cette honte qui me tenaille ?!

– Tu sors d’e la piscine, Barbara ?
– Non, j’ai un peu les cheveux gras…
– Et au fait, tu accouches quand ?
C’est fait  ! Ah ? Et depuis quand ?
Un mois !
Et  comment va ta mère ?
Vous l’avez enterrée hier !

Tant mieux ! … Sans déconner ! Bon, ben… bonne continuation…

Disparaître dans la jungle, la toundra,
prendre le maquis
Et depuis, quand je croise Barbara,
mon ange me dit :
« Tir’e-toi par le bois ! »

Ainsi s’achève cette saga ! La suite prochainement dans un épisode intitulé fort justement :

« Rendez-vous dans le bois ! »

Disparaître dans la jungle, la toundra,
prendre le maquis
Et depuis, quand je croise Barbara,
mon ange me dit :
« Tir’e-toi par le bois ! »

La fête de la chèvre

Bonsoir !
Mon vrai prénom, c’est Dominique. Cette chanson, c’est l’histoire de mes débuts. C’est ce qui m’a donné envie de faire ce métier ! Voilà, j’ai chanté à la fête de la chèvre, c’était super !

C’est super organisé :
l’e commentateur d’e la cours’e des biques
commentait sur podium béton ;
en face et en simultané,
j’e clamais mes chansons dramatiques
sur une planche sur deux bidons

Refrain : Quand’ y a  les conditions techniques,
faut pas décevoir le public

Parler de bid’e n’est pas exact :
pas de sifflet, pas de tomate,
l’indifférence à mon endroit,
sauf une biqu’e qui stationna,
immobil’e sous mon piedestal !
snif, snif, c’était un mâle !

Je me disais : “ c’est  mieux que rien :
un auditeur, fût-il caprin ! “
L’e spectacle avait changé d’e côté,
le speaker avait beau brailler,
les biqu’es se rangeaient en épis,
j’en tremblais, sous mes pilotis !

Les gens étaient pliés par terre
quand soudain, ce fut le tonnerre !
L’e troupeau comme un’e détonation
bondit contre mes fondations !
Je me défendis à coup de press’-book
mais partis à cheval sur le bouc !

La fin pourrait être ambiguë
car plus tard, un’e fois hors de vue
les coquines m’ont fait savoir
qu’ell’es appréciaient mon répertoire
C’est ainsi que dans le grand bois
j’eus tout un troupeau que pour moi

Quand’ y a  les conditions techniques,
faut pas décevoir le public. Merci !

A notre premier rendez-vous

A notre premier rendez-vous
je ne pouvais pas te dir’e tout.

J’étais comme un bouton de rose
et toi tu étais le printemps ;
t’étais comme un bouton de rose
et moi j’avais déjà trente ans.
On a effeuillé nos deux roses
comme on joue aux cartes, je suppose,
bluffant un peu avec malice.
Notre ping-pong dev’enait tennis
quand on l’effeuillait, atout sport,
cette marguerite de snob,
qui trop s’avançait avait tort :
près du filet, c’était le lob !
Heures exquises s’il en est !
T’étais Roxan’e, j’avais du nez !
On a parlé littérature :
le “parfum” de Süskind, bien sûr,
et la musique et la chanson…
Je te plus, j’en eus des frissons
car tu pensais connaîtr’e par cœur
celui qui t’avoue sans pudeur :

tu sais, tu sais…

ça pète un homme !
A table, dans le lit, dans les pommes
sur le chemin qui mène à Rome,
tu sais, ça pète un homme !
Ça vous fait croire que ça tonne,
ça se retient, se contorsionne,
et puis, ça pète un homme !
ça pète un homme !
Les jeunes loups ont un clapet,
avec le temps le ressort pète
et puis… Tout pèt’e chez l’homme !
Quand il estime qu’il abuse,
il fait en sorte que ça fuse
mais là… ça pue un homme

A notre premier rendez-vous
je ne pouvais pas te dire… Tout !

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