Ma calèche

Du fond de ma mémoire ell’e se trouve remise
vers la meule de foin au fond de la remise.
On ne pouvait la voir, c’était notre cachette
où ma cousine et moi, le doigt sur la gachette,
on parcourait le monde en évitant les flèches
et tirant sur la bride, en avant, ma calèche !

Tcha ! HUe ! dia ! tatinng ! Allez !
On va être rejoint ! Non, sauvés !

« Reposons-nous derrièr’e ce cornichon géant »
« Ce sont là des cactus ! »- Je faisais le savant –
Oh ma fiancée tu es blessée, il faut sur l’heure
trouver un docteur, hop ! C’était moi le docteur !
Pour nous marier fallait un prêtre pour le prêche :
j’assurais et l’autel c’était notre calèche

Les revoilà ! Vite ! Merci, Padré.
On va être rejoint , hue ! Allez !

On fouettait les chevaux mais combien étaient-ils ?
A nous entendre hennir peut-être cent ou mille !
Bruitag’es et scénarios, on chiadait les détails
sur le siège en cuir d’où « ernissait » de la paille.
Que de fois, juste à temps, j’ai actionné le frein
à manivell’e, stoppant juste avant le ravin.

OOOH ! Cette fois-ci, nous sommes coincés…
« Ohé, les enfants ! C’est l’heure du goûter ! Ouf, sauvés !

Adult’es qui ricanez d’e mes souv’enirs de morpion,
ma calèch’e vous en eut écrasé les arpions !
Hélas ell’e fut vendue pour orner l’extérieur
d’un bourgeois sédentair’e qui l’a chargée de fleurs :
chrysanthèm’es ! Mais la terr’e qui l’enlis’e ne l’empèche
pas d’entendre ces cris : « en avant, ma calèche ! »

Tcha ! HUe ! dia ! Damned, les jeux sont faits :
le temps nous a rejoint, nous sommes refaits !

Quand la tendresse

Quand la tendresse s’étiole ;
Quand elle rêve de plaine ;
Quand elle en a ras-le-bol ;
Quand vraiment la coupe est plaine…
La pudeur se saborde
Quand la tendresse déborde.

Quand la tendresse en douce ;
A tâtons, mine de rien ;
Lorsque la tendresse pousse
Le bouchon un peu trop loin.
Quand la tendresse trépigne
Sous sa feuille de vigne.

Quand la tendresse a trop chaud,
Bien trop chaud sous son maillot ;
Quand la tendresse se pince ;
Quand la tendresse décoince ;
Quand la tendresse décide
De se lâcher la bride.

Dame Pudeur dans sa chair
Se sent pousser un corne
Quand la tendresse exagère ;
Quand elle passe les bornes.
Quand elle en a sa claque ;
Quand la tendresse craque.

Quand la tendresse en a marre ;
Quand tangue, tangue la corvette :
Quand elle largue les amarres ;
Quand elle embrasse la tempête ;
Quand elle boit la tasse
Et sombre comme un’e masse.

Mais quand remonte le drap,
La rivière dans son lit ;
Comme un chaton blotti là ;
Lorsque l’on est re-petit.
Quand la tendress’e viendra
Nous reprendre dans ses bras.

Les professionnels

Refrain :
Les professionnels, ça tue l’e métier…
Les professionnels, ça tue l’e métier…
D’amateur !

Auparavant j’aimais chanter
Comme qui dirait, je n’étais
Un amateur.
Maintenant fair’e chanter mes rimes
C’est comme descendre à la mine :
Je compte mes heures.
Sachez qu’il faut cinq cent sept heures
Pour qu’il obtienn’e, votr’e serviteur,
Des A.S.S.E.D.I.C.(s) ;
C’est l’e temps qu’est payé, rien ne sert
D’augmenter l’e tempo, au contraire,
Soyons tactiques.

Refrain

Auparavant, c’était gratos
Entre la poire et l’e calendos :
« digue, don, daine… »
Maint’enant pour que j’en chante une,
Il faut les aligner, les tunes
Ou pas d’e fredaine !
Et dans le tarif que j’affiche,
Ell’es sont pas fournies, les affiches,
Soyons honnêtes !
Ell’es m’ont coûté la peau du cul
Et faut raquer pour la Sécu,
Une vignette.

Refrain

Une chanson sur Véronique,
Je la sentais, j’avais la trique !
C’était balèze !
Maintenant que je suis un pro
Quand j’e chant’e les voluptés d’e Véro,
C’est un’e prothèse !
Quand la technique faisait faux-bon,
La sono ou les projos, bon,
J’app’elais ma mère !
Maint’enant que je suis professionnel
Quand y’a plus d’e jus dans un’e gamelle
J’engueule Bébert

(Bébert, c’est l’e régisseur…) Amateur !

Avant j’étais un amoureux,
Je chantais en brassant, heureux,
Comm’e, comme… on sème !
Depuis que je n’e boss’e plus au noir
Mes textes sont noirs, mon répertoire
A la S.A.C.E.M.
Je voulais par ces quelques mots,
Bien que pas payé au jeu d’e mots,
Tirer l’alarme.
A la sortie y’a un chapeau
Des fois qu’ils vous ait, mon topos,
Tiré la larme.

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