Ma déglinguée

Tes yeux bredouillent
que sous ton manteau et ton corps
sag’e qui pendouille
Cendrillon aux beaux cheveux dors.
Sous un’e citrouille,
un corps de fée !
Comment tu fais,
tu te débrouilles
pour êtr’e toujours si déglinguée

Ma déglinguée
tu me déglingues
où t’es allée
trouver ces fringues ?
Dans un bouquet
on te distingue !
Ma déglinguée
tu me déglingues
à t’effeuiller,
mon coeur déglingue
à tout’e  berzingue
je deviens dingue.

Tes yeux me mouillent ;
je suis trempé
je suis planté
comme un fenouil(le)
qui attend qu’on vienn’e l’arracher.
Sous les glycines
nous prendrons le temps de démê-
ler nos racines
moi non plus je n’e sais pas danser

Ma déglinguée
tu me déglingues
à tournoyer
comme un bastringue
tu vas intriguer les beaux princes.
Ma déglinguée
tu me déglingues
à t’effeuiller,
mon coeur déglingue
à tout’e berzingue
je deviens dingue

Tes yeux de source
qui m’ont donné tous leurs secrets
une eau si douce
qui coule encore sur mes regrets
J’ai plus de puis
je t’ai fait l’e coup d’e la fleur fanée
et aujourd’hui
je n’ai que mes yeux pour pleurer

Ma déglinguée
et un matin
t’as pris le train
sans un au r’evoir
sans un mouchoir
sans un demain.
Ma déglinguée
si tu  reviens
je te promets
d’agiter des draps de remords
jusqu’à ma mort

Ma déglinguée
car ton fantôme
tout déglingué
qui se prénomme
simplicité
m’a déglingué.

Le vice

Soit une chaise bancale
Qu’on passerait à travers,
Un’e chais’e de confessionnal
Qui confesse sa misère.
Un marteau et quelques clous
Que j’enfonce du dessous,
Voilà un sièg’e de piété
A sout’enir tous les péchés.

« Mon fils, pour ta pénitence
Pour te guérir de ton vice,
Assieds-toi donc en silence
Sur le sièg’e du sacrifice ».
Car le vice est un clou
Qu’il fait bon enfoncer
Mais le vice est filou :
Il ressort d’e l’autr’e côté !

Car le vic’e, papa,
Car le vic’e, maman,
Le vice est versa
Et réciproqu’ement

On repèr’e souvent le vice
Dans l’e postérieur du prochain
Sans remarquer en novice,
Celui qui est dans le sien
Car la procession du vice
C’est un grand cercle vicieux
Tourne, tourne, tourne vice,
On marche à la queue leu-leu.

Le vice est le mal du siècle ;
La vice est l’e mâl’e de l’écrou ;
C’est bien trist’e, mais dans ce siècle,
Il faut un coupable à tout.
Car le vice est partout,
Oui messieurs les jurés,
Qui d’e la vis ou d’e l’écrou
A vissé le premier ?

Car le vic’e, papa,
Car le vic’e, maman,
Le vice est versa
Et réciproqu’ement

Et maintenant le voici,
Cet exemple tant attendu
Fi des métafor’es hardies,
Appelons un chat un cul !
Mon copain Fernand flânait
En fredonnant : « lalalère »
Un’e comptine des forêts
Jusque dans une clairière.

La bande à Eléonore
Le coucha dans le gazon ;
Larirètait-il encore
Le frou-frou d’e son pantalon ?
Je me dis : y’a un truc !
Quand je pense à Fernand…
Fort qu’il est comme un Turc,
Il était consentant !

Car le vic’e, papa,
Car le vic’e, maman,
Le vice est versa
Et réciproqu’ement

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