Ma déglinguée

Tes yeux bredouillent
que sous ton manteau et ton corps
sag’e qui pendouille
Cendrillon aux beaux cheveux dors.
Sous un’e citrouille,
un corps de fée !
Comment tu fais,
tu te débrouilles
pour êtr’e toujours si déglinguée

Ma déglinguée
tu me déglingues
où t’es allée
trouver ces fringues ?
Dans un bouquet
on te distingue !
Ma déglinguée
tu me déglingues
à t’effeuiller,
mon coeur déglingue
à tout’e  berzingue
je deviens dingue.

Tes yeux me mouillent ;
je suis trempé
je suis planté
comme un fenouil(le)
qui attend qu’on vienn’e l’arracher.
Sous les glycines
nous prendrons le temps de démê-
ler nos racines
moi non plus je n’e sais pas danser

Ma déglinguée
tu me déglingues
à tournoyer
comme un bastringue
tu vas intriguer les beaux princes.
Ma déglinguée
tu me déglingues
à t’effeuiller,
mon coeur déglingue
à tout’e berzingue
je deviens dingue

Tes yeux de source
qui m’ont donné tous leurs secrets
une eau si douce
qui coule encore sur mes regrets
J’ai plus de puis
je t’ai fait l’e coup d’e la fleur fanée
et aujourd’hui
je n’ai que mes yeux pour pleurer

Ma déglinguée
et un matin
t’as pris le train
sans un au r’evoir
sans un mouchoir
sans un demain.
Ma déglinguée
si tu  reviens
je te promets
d’agiter des draps de remords
jusqu’à ma mort

Ma déglinguée
car ton fantôme
tout déglingué
qui se prénomme
simplicité
m’a déglingué.

J’aurai pas dû (monter dans l’arbre)

1 – C’était le bon temps des cerises
j’en perdais toute ma salive,
j’étais allé à la maraude
sous le cerisier du vieux Glaude
Je poussai un cri « tarzanien »
lorsque j’aperçus de très loin,
agrippée aux branches d’en haut
Vénus qu’était pas de Milo

Refrain :
J’aurais pas dû monter dans l’arbre
Non, j’aurais pas dû monter dans l’arbre !
Dû monter dans l’arbre

2 – La belle avec son grand panier,
peut-être allait-elle tomber
Tous mes voyants de jeun’e premier
m’indiquaient qu’il fallait grimper
J’en étais couvert de sueur,
et si je lui sauvais la vie,
mes ceris’es seraient bien meilleures
bien trempées dans de l’eau de vie

3 – J’en étais ivre de chaleur
Ell’e va tomber « Aïe ma mère! »
Qu’il faisait chaud, mon Dieu Seigneur !
Je me suis fait un’e mise à l’air
Et si le vieux Glaude arrivait
Ah, je l’entends d’ici gueuler :
« Mais qu’est-c’e que tu fous là, fumier,
à poil(e) sous mon cerisier ? »

4 – Je dirais : « regardez le ciel,
je vais secourir la d’emoiselle,
si je n’ai rien sur la carcasse
c’est pour être plus efficace ! »
Sans anticiper davantage,
je grimpai tout comme un corsaire
avant de lancer l’abordage…
C’est là qu’e j’ai compris la galère !

5 – Du vent, ce n’était que du vent
qui gonflait, gonflait son corsage
Du vent, ce n’était que du vent
Tout ça n’était que sabotage !
Du vent, ce n’était que du vent
qui soufflait, soufflait dans ses robes
Du vent, ce n’était que du vent
et pour le rest’e : « mon zob ! mon zob ! »

6 – Et quand j’ai levé son chapeau,
son immense chapeau de paille,
j’ai compris que j’étais un sot
et la belle un épouvantail !
Tiens, devinez donc qui survint
C’est le Glaude avec son fusil
J’e restai figé sur mon mann’equin
en imitant un crucifix !

7 – De pas me voir fit-il semblant,
il grignotait ses c’eris’es, le vieux,
pendant que des oiseaux gourmands
bequ’ettaient les mienn’es à qui mieux-mieux !
S’aperçut-il de mon supplice
quand il siffla au bout d’une heure
un’e version du « Temps des cerises »
repris’e par les merles moqueurs

Moralité :
J’aurais pas dû monter dans l’arbre
Non, j’aurais pas dû monter dans l’arbre !
Dû monter dans l’arbre !

Dans la fournaise

Je me souviens. Je me souviens…
Dans les classes primaires se trouvaient accrochés au mur une
sorte de cadre renfermant des tableaux, des gravures, prétextes à nous apprendre à nous exprimer, à construire des phrases…
Je me souviens. Je me souviens…
L’un de ces tableaux avaient pour thème : la chasse. Il y avait un de ces gibiers la-dessus !
– Il y a un chasseur avec son fusil !
– oui, bien !
– il y a un chien en arrêt devant un terrier !
– oui, très bien ! Maintenant, vous essayez de ne plus commencer vos phrases par
« il y a ».
– Je vois qu’il y a des canards sauvages !

Je me souviens Je me souviens…

Dans la fournais’e de mes souv’enirs
‘y a des patat’es pour les cochons ;
‘y a le boudin qu’on faisait cuire
lorsque l’on tuait le cochon.
Puis ces repères de l’histoire
qui grav’ent à jamais la mémoire :
on venait de saigner le porc
quand on apprit :  » De Gaulle est mort ! »
Le messager de la nouvelle
n’avait pas fait de parallèle ;
on parla du référendum
qui l’avait tué, le grand homme,
tout en débitant les côt’elettes
de l’animal, défunte bète.

Dedans la rue de mes souv’enirs
fraîch’es et nombreus’es gisent les bouses ;
Dans la prairie de mes souv’enirs
il y a la Saôn’e qui s’allongeait,
petit’e mer goulue pour venir
lécher la maison en pisé
Lors, debout face au cataclysme,
imprégné par mon catéchisme,
j’e levai l’e bras comm’e Moïse et … hop !
l’eau passait par dessus mes bottes !
La Saône, j’en rêvais la nuit
si fort que j’en mouillais mon lit..

Dans le chaudron de mes souv’enirs
‘y a de la confiture de pêche
qui clapotait à fair’e frémir
et qu’on remuait pour la lèche.
Qu’est-il devenu ce chaudron,
la fournaise et la rue des bouses ?
Et De Gaulle et le cochon ?
Sont les racin’es d’un gosse en blues.
Dans l’assiett’e creus’e de mes souv’enirs
‘y avait des yeux dans le bouillon ;
c’étaient les yeux de l’avenir
qui semblaient dire : « mange ! Couillon !
Mange si tu veux être un homme ! »
sous le béret de mes souv’enirs
Zorro est capé d’une blouse.
J’e les ai versés aux géraniums !

Boycott

Charlotte et moi
on est cafétéria
ou alors pizzeria,
c’est plus sympa.
Moi et Charlotte,
tous les grands restaurants :
Bocuse, Georges Blanc…
on boycotte !

Bébert, mon pot’e ,
il joue dans un group’e rock :
les “Bass’-cour-rock and coq”,
putain, ça dépote !
Mais à mon pote,
lui parl’e pas de Paris,
le Zénith ou Bercy :
il boycotte !

Charlotte et moi,
petit appartement,
allocation log’ement,
c’est plus sympa.
Moi et Charlotte,
un’e villa sur la mer,
résidence secondaire :
on boycotte !

Mon pot’e Bébert,
l’est livreur en journée
et le soir, en tournée !
c’est la galère !
Mais à mon pot’e,
lui parl’e pas de télé…
les stars- grass’es matinées :
il boycotte !

Mais ma Charlotte,
c’e qu’ell’e préfèr’e dans le rock
de bass’e-cour, c’est le coq !
Elle fricote.
Depuis Charlotte
convole avec Bébert,
les plaisirs de la chair,
je boycotte !

Comm’e c’est Charlotte
qui bossait dactylo
et que moi le boulot,
je boycotte !
De sa bicoque,
je me suis mis au vert ;
le gîte et le couvert :
je boycotte !

Si Saint Pierr’e me câble :
“euh… suite à un suicide,
y a une piaul’e de vide…”
j’e l’envoie au Diable !
Car bien que, crotte !
j’e le mérit’e plus qu’e certains,
son paradis rupin,
je boycotte !

Les yeux dans le noir

Les yeux dans le noir
D’un café tassé
J’ imagine un’e mare
Méditerranée.
La brume divine
Et caféinée
S’échappe et dessine
Un joli voilier ! (Woua !)

Je zoom’e sur le pont :

C’est moi le capitaine, bon !
Et tous mes amis sont sur le pont
Mad’emoiselle est dans ma cabine
Et ça sent bon dans les cuisines…

Les yeux dans le noir
D’un café tassé
J’imagine une mare
Méditerranée.
La brume divine
Et caféinée
S’échapp’e et j’e devine
Un’e bouche et un nez !

C’était mon reflet…

Le reflet d’un imbécil’e né
Qui sabord’e ses rêv’es de croisière
En jouant à “tobogganer”
Du sucr’e le long de sa cuillère… Plouf !

Les yeux dans le noir
D’un café tassé
Je vais être en r’etard
Pour aller bosser.

En Isabellonie

Quand je l’ai découvrue,
elle s’était perdée.
Quand elle m’a trouvu,
j’étais un peu paumé.
Nous convînm’es en commun,
bras dessus, bras dessous,
qu’au bout d’un an et un
jour nous serions à nous.
Depuis j’ai fait mon nid
en Isabellonnie.

En Isabellonnie,
j’ai posé mes valises
je n’ serai plus honni
sur ma terre promise
en Isabellonnie
en Isabellonnie là.

J’ai gravé sur sa cuisse
de mes ongl’es mon prénom
à même sa peau lisse
remontant son jupon.
Hélas, mill’e fois hélas,
il ne s’en est fallu
que je me prénomasse
Dominiqu’e-Paul-Lulu…
pour atteindre son nid
en Isabellonnie.

En Isabellonnie
des draps sur unr peau,
j’en ai fait un pays ;
j’ai planté mon drapeau
en Isabellonnie
en Isabellonnie là.

Un’e petit’e boule brune
au petit nez frileux
a secoué les plumes
de mon coeur pousssiéreux ;
mis un peu de mordant
dans ma chienne de vie
et un peu de piment
dans mes macaronis ;
mis des draps dans le nid
en Isabellonnie.

En Isabellonnie
rèver à ce pays
n’e relèv’e pas du fantasme ;
son nom s’autodécrit
comme un vrai pléonasme :
c’est l’ Isabellonnie.

Ah ! Sous la lune… (version intégrale)

Je voudrais donc terminer par un chanson écologique, une chanson dans le vent ! (Faites toutefaois gaffe à ce que ce dernier ne soit pas en face – vous comprendrez)
Tsss ! tssss !                                                      . .

Ô bonheur formidable !
Ô joie incomparable !
Ô jouissance extrême !
Ô extase à la crème !
Ô mon Dieu que c’est bon !
Et pourtant que c’est con !
Le soir venu, sans retenue,
d’uriner sous la lune
avant d’ aller aux plumes
Oui, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah,pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah, se laisser aller
et ne penser à rien,
c’est un peu s’envoler
en ballon aérien
et puis lorsque se crève
la montgolfièr’e de rêve,
larguer une caisse
Ah, quelle liesse !
Une caisse en contre-ut
pour convoyer la chute
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ce plaisir est rural
mais aussi citadin ;
il concerne les mâles ;
l’est aussi féminin :
Mesdames à votre balcon,
prenez la position…
Vous entendrez
au rez-de-chaussée
comme l’écho dans la nuit
des chanteurs sous la pluie :
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !
Ah, pisser sous la lune avant d’aller aux plumes !

Pépé tu dors ?

Pépé, tu dors ? Pépé, tu dors ?
Pépé quand tu dors, on dirait un musicien…

Pépé, j’ai réfléchi :
si tu as toujours mal de partout
faut pas te faire du souci
c’est normal,
t’es vieux, c’est tout !

Pépé, tu dors ? Pépé, tu dors ?

Dis Pépé, le brochet
que tu avais péché
dans la mare
quand t’étais un gamin,
c’était pas un requin,
par hasard ?

Pépé, tu dors ? Pépé, tu dors encoreuh?

Ton premier rendez-vous
avec mémé, tu y étais allé
à bicyclette,
t’étais couvert de boue
vu qu’ tu t’étais cassé
la margoulette !

Dis Pépé, Mémé, elle a du
mettre une pince
à linge sur son pif !
Dis Pépé, Mémé, elle t’a dit
comme ça :
 » veux-tu être mon Pépé ?  »

Pépé, tu dors ? Pépé, tu dors ?

Dis Pépé, si par exemple
plus personne mourrirait,
même pas toi !
ça ferait trop de monde ensemble
si personne mourrirait
mêm’ ni toi !

Et puis, je s’rais jam…mais Pépé,
parce que je s’rai jam… toujours
enfant pour mon Papa
et puis pour ma Maman ?
Jam…toujours ? Toujours.

Dis Pépé, le brochet
que tu avais péché
dans la mare
quand t’étais un gamin,
c’était pas un requin,
par hasard ?

Pépé quand tu dors, on dirait une chanson
une chanson…
« mignonne, quand le soir descendra sur la terre
et quand le rossignol viendra chanter encore »

Soupplice

Y’é trouvé au grenier
ouné poupée en terre molle
que nous rapporta
de chez les Incas
un vieux conquérant éspagnol, Olé !

On dit que grâce à ces poupées
les Incas pouvaient torturer
un ennemi même à distance
grâce à un cheveu expérience :
y’é mis un tif sur la poupée
et y’é piqué là où y’é pense … Ahou !

Chevelous dé tout poil, tremblez !
D’emandez pardon pour vos offenses.

Au début, la torture,
y’é la pratiquais que sur Bibi,
c’était égoïste,
ça dévénait triste…
Y’é mé souis ouvert à autrui, autrui !

Comme les infirmièr’es yé pique
en faisant gaffe au nerf sciatique,
y’é mé promène avec ma loupe,
y’é cherch’e des cheveux dans la soupe
pour le soupplice du cuistot
j’ sévis en douc’e sous le manteau… Ahou !

Et y’é retouve le traiteur
le cul dans le congélateur !

P’eti’tes aiguill’es, gross’es aiguilles…
Y’a des étap’es dans ma révolte
puis c’est le briquet, l’électricité…
douze, 110, 220 volts !

Un ch’eveu trouvé dans l’autobus,
avec la plum’e dé mon gibus,
y’é chatouill’e sous les bras de ma poupée et le chauffeur fait l’e chimpanzé !

Ouné poil sous un banc d’église…
Ce sans-gêne mé scandalise ! Ahou !

J’entends dans le confessionnal :
“oh oui, Seigneur, c’est bon, j’ai mal !”

Emmerdeurs, assureurs,
y’é né fais pas dans le détail !
Ma poupée s’offusqu’e,
y’é soulèv’e ses frusques :
ses fess’es sont ouné champ de bataille !
Aïe ! Aïe ! Aïe ! Aïe !

Quand la tendress’e prend le dessus,
y’é la caresse, y’é la parfume…
Parfois y’é coll’e deux cheveux dessus
et y’é mélange un blond, un’e brune…

Y’é caline, y’é la joue Ronsard : muumm !
Et y’é pique en alternance : ahou !…

Muumm… Ahou !…

C’est ainsi que neuf mois plus tard,
j’avais tout répeuplé la France !

lalalalala…

(ça, c’était pour les subventions !)

Dans la fournaise

Je me souviens. Je me souviens…
Dans les classes primaires se trouvaient accrochés au mur une
sorte de cadre renfermant des tableaux, des gravures, prétextes à nous apprendre à nous exprimer, à construire des phrases…
Je me souviens. Je me souviens…
L’un de ces tableaux avaient pour thème : la chasse. Il y avait un de ces gibiers la-dessus !
– Il y a un chasseur avec son fusil !
– oui, bien !
– il y a un chien en arrêt devant un terrier !
– oui, très bien ! Maintenant, vous essayez de ne plus commencer vos phrases par
« il y a ».
– Je vois qu’il y a des canards sauvages !

Je me souviens Je me souviens…

Dans la fournais’e de mes souv’enirs
‘y a des patat’es pour les cochons ;
‘y a le boudin qu’on faisait cuire
lorsque l’on tuait le cochon.
Puis ces repères de l’histoire
qui grav’ent à jamais la mémoire :
on venait de saigner le porc
quand on apprit :  » De Gaulle est mort ! »
Le messager de la nouvelle
n’avait pas fait de parallèle ;
on parla du référendum
qui l’avait tué, le grand homme,
tout en débitant les côt’elettes
de l’animal, défunte bète.

Dedans la rue de mes souv’enirs
fraîch’es et nombreus’es gisent les bouses ;
Dans la prairie de mes souv’enirs
il y a la Saôn’e qui s’allongeait,
petit’e mer goulue pour venir
lécher la maison en pisé
Lors, debout face au cataclysme,
imprégné par mon catéchisme,
j’e levai l’e bras comm’e Moïse et … hop !
l’eau passait par dessus mes bottes !
La Saône, j’en rêvais la nuit
si fort que j’en mouillais mon lit..

Dans le chaudron de mes souv’enirs
‘y a de la confiture de pêche
qui clapotait à fair’e frémir
et qu’on remuait pour la lèche.
Qu’est-il devenu ce chaudron,
la fournaise et la rue des bouses ?
Et De Gaulle et le cochon ?
Sont les racin’es d’un gosse en blues.
Dans l’assiett’e creus’e de mes souv’enirs
‘y avait des yeux dans le bouillon ;
c’étaient les yeux de l’avenir
qui semblaient dire : « mange ! Couillon !
Mange si tu veux être un homme ! »
sous le béret de mes souv’enirs
Zorro est capé d’une blouse.
J’e les ai versés aux géraniums !

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