Faignasserie

Appesanti dans mon fauteuil
Je travaillais à fair’e le deuil
De mon asthénie familière.
Mes ressources énergétiques
Semblaient aussi catastrophiques
Que celles de la France entière !

Quand la queue du chat me frôla les poils
Ce qui me donna cette idée géniale :

Car cette queue qui électrise,
C’est de l’énergie, en un mot,
Il suffirait qu’on la maîtrise
Pour fair’e l’effet d’un’e dynamo !

L’application est compliquée ;
Je mis ma physique appliquée
Sagement entre parenthèses
Et je m’engonçais tout entier
Là où je retrouvais mes pieds
Bien au chaud dans mes charentaises.

Quand la queue du chat d’un mouv’ement frondeur
Titilla derechef ma fibr’e de chercheur…

Cette queue qui brasse de l’air,
C’est d’e l’énergie qui se débine ;
Il faudrait qu’on la récupère
Pour fair’e tourner une turbine !

Tandis que comme deux pi-erres
Commençaient à choir mes paupières,
Je vis en rêve un’e vaste usine :
Un mond’e fait, si je ne m’abuse,
De carrés et d’hypoténuses,
De rouag’es, courroies et turbines.

Une sorte de centrale électrique :
De drôl’es d’ouvriers y bossaient à la trique.
« Au boulot, tas de fainéants ! »

Tous les matous de mon quartier
Produisaient l’électricité
Dont a besoin la France entière !
Qu’on mette les chats au turbin,
Peut-être lâcheraient-ils les humains
Lorsque ceux-ci pensent et digèrent.

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