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La peste

Et si encore je l’ignorais
Que tous ces gens sont innocents
Qui sont coupables d’être nés,
Que la misère est rage dedans ;
Qu’elle en est injuste, ma chance,
Que la justic’e dépend de moi…
Mais j’ai encore l’impertinence
D’oser défendr’e mon bout de gras

Je suis un rat,
Je suis un rat,
La peste soit
De tous les rats.

On va pas changer le monde,
La solution est politique
On va dégueuler son savon :
« Haro sur les pouvoirs… public »
Quand on a tort, taratata,
Il faut se faire une raison ;
Moi, j’ai trouvé bien plus sournois :
Moi je dégueule des chansons…

Je suis un rat,
Je suis un rat,
La peste soit
De tous les rats.

Quand il débouch’era ses tympans,
Qu’il s’entendra tout’es ces insultes,
Il se peut bien que le Grand Pan
Nous joue un p’etit air de flute.
Et ainsi comm’e dans la légende,
C’est la revanche des parias,
Il nous fera payer l’amende,
Si il existe, je ne crois pas.

Je suis un rat,
Je suis un rat,
La peste soit
De tous les rats

Le combl’e de cett’e chanson masoe
S’erat d’e réclamer une sanction
En criant : « je suis un salaud ! »
Pour que l’on dis’e : « mais non, mais non… »
Ma chanson peut être le miroir
De tes cogitations du soir…
Si oui, quand tu applaudiras,
Ne te demande pas pourquoi.

Nous sommes des rats,
Nous sommes des rats,
La peste soit
De tous les rats.

Si seulement je l’ignorais…

La petite cuillère

Tandis que s’e vidait le bac à plonge
Je laissais libre cours à mes songes,
Je récitais Océanonox
Quand un’e petit’e cuillère en inox,
Seule et abandonnée dans la mousse
M’inspira un’e chanson null’e, mais douce !
Le refrain trop tendancieux peut-être
M’aurait valu des milliers de lettres…

Provenant de toutes les contrées :
« De tout coeur, à travers vos couplets,
merci de soutenir notre lutte
Contre l’oppression dont nous somm’es en butte ! »
Que n’ai-je retrouvé dans l’évier
Une fourchett’e pleine de gruyère,
Ce refrain eut moins apitoyé
Qu’une innocente petite cuillère.

Je chantais pour la petite cuillère
A thé, café ou simple saucière,
Qui gît dans la mousse de vaisselle,
Délaissée dans le fond, toujours elle.
S’il vous plait auditeurs, cette cause
Ne saurait être remise en cause
Ou récupérée par des gogos
En quête de symbole, de logos…

Pitié pour ce petit ustensile,
A le mêler à toutes les sauces,
Des petits vieux qui crêv’ent   à l’asile
Aux mineurs oubliés dans la fosse (« ho, ho ! »)
Il va finir sujet d’examen :
« Qu’a voulu dire ce contemporain,
A travers cette petite cuillère,
Qu’avait-il derrière la théière ? – Vous avez trois heures… »

Si quand je chante pour une cuillère
Les gens s’émeuvent de la misère ;
Si mon quotidien peut soulever
De grand’es caus’es, pourquoi pas pavoiser ?
Mais si ce petit bout de métal
Peut sensibiliser, c’est égal,
Aux malheurs des victimes du typhon…
N’empêch’e ce qui bouche mon syphon…

C’est une petite cuillère,
Lalalalala lala lalère
Cette chanson m’eût valu peut-être
Des centaines de milliers de lettres
Si le facteur n’eût chu de vélo,
Livrant mon courrier au caniveau
Comm’e ces petit’es cuillèr’es qu’on oublie
Dans la mousse quand l’évier se vide.

Tandis que s’e vidait le bac à plonge
Je laissais libre cours à mes songes…

Ma calèche

Du fond de ma mémoire ell’e se trouve remise
vers la meule de foin au fond de la remise.
On ne pouvait la voir, c’était notre cachette
où ma cousine et moi, le doigt sur la gachette,
on parcourait le monde en évitant les flèches
et tirant sur la bride, en avant, ma calèche !

Tcha ! HUe ! dia ! tatinng ! Allez !
On va être rejoint ! Non, sauvés !

« Reposons-nous derrièr’e ce cornichon géant »
« Ce sont là des cactus ! »- Je faisais le savant –
Oh ma fiancée tu es blessée, il faut sur l’heure
trouver un docteur, hop ! C’était moi le docteur !
Pour nous marier fallait un prêtre pour le prêche :
j’assurais et l’autel c’était notre calèche

Les revoilà ! Vite ! Merci, Padré.
On va être rejoint , hue ! Allez !

On fouettait les chevaux mais combien étaient-ils ?
A nous entendre hennir peut-être cent ou mille !
Bruitag’es et scénarios, on chiadait les détails
sur le siège en cuir d’où « ernissait » de la paille.
Que de fois, juste à temps, j’ai actionné le frein
à manivell’e, stoppant juste avant le ravin.

OOOH ! Cette fois-ci, nous sommes coincés…
« Ohé, les enfants ! C’est l’heure du goûter ! Ouf, sauvés !

Adult’es qui ricanez d’e mes souv’enirs de morpion,
ma calèch’e vous en eut écrasé les arpions !
Hélas ell’e fut vendue pour orner l’extérieur
d’un bourgeois sédentair’e qui l’a chargée de fleurs :
chrysanthèm’es ! Mais la terr’e qui l’enlis’e ne l’empèche
pas d’entendre ces cris : « en avant, ma calèche ! »

Tcha ! HUe ! dia ! Damned, les jeux sont faits :
le temps nous a rejoint, nous sommes refaits !

Quand la tendresse

Quand la tendresse s’étiole ;
Quand elle rêve de plaine ;
Quand elle en a ras-le-bol ;
Quand vraiment la coupe est plaine…
La pudeur se saborde
Quand la tendresse déborde.

Quand la tendresse en douce ;
A tâtons, mine de rien ;
Lorsque la tendresse pousse
Le bouchon un peu trop loin.
Quand la tendresse trépigne
Sous sa feuille de vigne.

Quand la tendresse a trop chaud,
Bien trop chaud sous son maillot ;
Quand la tendresse se pince ;
Quand la tendresse décoince ;
Quand la tendresse décide
De se lâcher la bride.

Dame Pudeur dans sa chair
Se sent pousser un corne
Quand la tendresse exagère ;
Quand elle passe les bornes.
Quand elle en a sa claque ;
Quand la tendresse craque.

Quand la tendresse en a marre ;
Quand tangue, tangue la corvette :
Quand elle largue les amarres ;
Quand elle embrasse la tempête ;
Quand elle boit la tasse
Et sombre comme un’e masse.

Mais quand remonte le drap,
La rivière dans son lit ;
Comme un chaton blotti là ;
Lorsque l’on est re-petit.
Quand la tendress’e viendra
Nous reprendre dans ses bras.

Les professionnels

Refrain :
Les professionnels, ça tue l’e métier…
Les professionnels, ça tue l’e métier…
D’amateur !

Auparavant j’aimais chanter
Comme qui dirait, je n’étais
Un amateur.
Maintenant fair’e chanter mes rimes
C’est comme descendre à la mine :
Je compte mes heures.
Sachez qu’il faut cinq cent sept heures
Pour qu’il obtienn’e, votr’e serviteur,
Des A.S.S.E.D.I.C.(s) ;
C’est l’e temps qu’est payé, rien ne sert
D’augmenter l’e tempo, au contraire,
Soyons tactiques.

Refrain

Auparavant, c’était gratos
Entre la poire et l’e calendos :
« digue, don, daine… »
Maint’enant pour que j’en chante une,
Il faut les aligner, les tunes
Ou pas d’e fredaine !
Et dans le tarif que j’affiche,
Ell’es sont pas fournies, les affiches,
Soyons honnêtes !
Ell’es m’ont coûté la peau du cul
Et faut raquer pour la Sécu,
Une vignette.

Refrain

Une chanson sur Véronique,
Je la sentais, j’avais la trique !
C’était balèze !
Maintenant que je suis un pro
Quand j’e chant’e les voluptés d’e Véro,
C’est un’e prothèse !
Quand la technique faisait faux-bon,
La sono ou les projos, bon,
J’app’elais ma mère !
Maint’enant que je suis professionnel
Quand y’a plus d’e jus dans un’e gamelle
J’engueule Bébert

(Bébert, c’est l’e régisseur…) Amateur !

Avant j’étais un amoureux,
Je chantais en brassant, heureux,
Comm’e, comme… on sème !
Depuis que je n’e boss’e plus au noir
Mes textes sont noirs, mon répertoire
A la S.A.C.E.M.
Je voulais par ces quelques mots,
Bien que pas payé au jeu d’e mots,
Tirer l’alarme.
A la sortie y’a un chapeau
Des fois qu’ils vous ait, mon topos,
Tiré la larme.

Ch’uis amoureux

Chui amoureux ! chui amoureux !
La vie est belle, je suis heureux !
Chui amoureux ! chui amoureux !
Les oiseaux chantent dans mon ciel… beleu !
Bien sûr, si elle l’était aussi,
la vie s’erait encor’ plus jolie !
mais que d’emander d’e mieux au Bon Dieu :
Chui amoureux ! amoureux ! amoureux !

Patron, c’est ma tournée, je veux fêter ma chance,
je viens de la croiser, la femme de ma vie,
mais ce qui me déçoit, disons, ce qui m’ennuie,
c’est son regard marqué d’un’e grande indifférence !

Je suis amoureux d’elle
mais c’est pas mutuel,
chui amoureux seul’ement
unilatéral’ement  ! Mais…

Chui amoureux ! chui amoureux !
Amour partagé c’est gâteau !
Chui amoureux ! chui amoureux !
C’est moi qui ai les deux morceaux !
Je suis comm’e  la bande à Renaud :
un couple à moi tout seul : perso !

C’est égoïste, pardon Mon Dieu, mais…
Chui amoureux,  amoureux, amoureux !

Chui amoureux ! chui amoureux !
Pour qu’ell’e le d’evienn’e c’est pas  sorcier !
Chui amoureux ! chui amoureux !
Pour la séduire il suffirait
qu’e chois mieux foutu, que j’aie du fric,
qu’e chois plus à l’hôpital psychiatrique !…

C’est là où y a des fous heureux !
Chui amoureux ! amoureux ! amoureux !

Moi qui suis amoureux, dans mon bonheur, je pense
à ell’e qui ne l’ est pas, j’imagin’e sa souffrance…
Quand j’e rentrerai chez moi, si un d’e ces jours je rentre,
j’e vais mettre au cou du chat, la cord’e qui d’evait me pendre !

Je n’e hurl’erai plus la nuit
à la mort qui me hante ;
j’e vais déboucher mon puits,
j’ai plus peur qu’il me tente !…

Chui amoureux ! chui amoureux !
La vie est belle, je suis heureux !
Chui amoureux ! chui amoureux !
Les oiseaux chantent dans mon ciel… bleu !
Bon…  si elle l’était aussi,
la vie s’erait encor’e plus jolie !
mais que d’emander d’e mieux au Bon Dieu :
Chui amoureux ! amoureux ! amoureux !

Chui amoureux ! chui amoureux !
La vie est belle, j’ai le moral !
Chui amoureux ! chui amoureux !
Patron ! Un’e tournée générale !
Bon… puisque tout l’ mond’ fait la gueule…
Tournée générale pour moi tout seul !

Je lèv’e mon verr’e, merci Bon Dieu !
Chui amoureux ! amoureux ! amoureux

J’aurai pas dû (monter dans l’arbre)

1 – C’était le bon temps des cerises
j’en perdais toute ma salive,
j’étais allé à la maraude
sous le cerisier du vieux Glaude
Je poussai un cri « tarzanien »
lorsque j’aperçus de très loin,
agrippée aux branches d’en haut
Vénus qu’était pas de Milo

Refrain :
J’aurais pas dû monter dans l’arbre
Non, j’aurais pas dû monter dans l’arbre !
Dû monter dans l’arbre

2 – La belle avec son grand panier,
peut-être allait-elle tomber
Tous mes voyants de jeun’e premier
m’indiquaient qu’il fallait grimper
J’en étais couvert de sueur,
et si je lui sauvais la vie,
mes ceris’es seraient bien meilleures
bien trempées dans de l’eau de vie

3 – J’en étais ivre de chaleur
Ell’e va tomber « Aïe ma mère! »
Qu’il faisait chaud, mon Dieu Seigneur !
Je me suis fait un’e mise à l’air
Et si le vieux Glaude arrivait
Ah, je l’entends d’ici gueuler :
« Mais qu’est-c’e que tu fous là, fumier,
à poil(e) sous mon cerisier ? »

4 – Je dirais : « regardez le ciel,
je vais secourir la d’emoiselle,
si je n’ai rien sur la carcasse
c’est pour être plus efficace ! »
Sans anticiper davantage,
je grimpai tout comme un corsaire
avant de lancer l’abordage…
C’est là qu’e j’ai compris la galère !

5 – Du vent, ce n’était que du vent
qui gonflait, gonflait son corsage
Du vent, ce n’était que du vent
Tout ça n’était que sabotage !
Du vent, ce n’était que du vent
qui soufflait, soufflait dans ses robes
Du vent, ce n’était que du vent
et pour le rest’e : « mon zob ! mon zob ! »

6 – Et quand j’ai levé son chapeau,
son immense chapeau de paille,
j’ai compris que j’étais un sot
et la belle un épouvantail !
Tiens, devinez donc qui survint
C’est le Glaude avec son fusil
J’e restai figé sur mon mann’equin
en imitant un crucifix !

7 – De pas me voir fit-il semblant,
il grignotait ses c’eris’es, le vieux,
pendant que des oiseaux gourmands
bequ’ettaient les mienn’es à qui mieux-mieux !
S’aperçut-il de mon supplice
quand il siffla au bout d’une heure
un’e version du « Temps des cerises »
repris’e par les merles moqueurs

Moralité :
J’aurais pas dû monter dans l’arbre
Non, j’aurais pas dû monter dans l’arbre !
Dû monter dans l’arbre !

Elle avait des yeux

Elle avait des yeux comme des étoiles dans le désert
mêm’e, que moi, et ben, j’aurais su où aller
Elle était gentill’e, gentill’e comme un dessert
où il y aurait du rab à volonté
Elle était jolie comme une  gourmandis’e sucrée
que pour ell’e, mon coeur, il s’erait en chocolat
car moi je lui aurais donné mon cœur en vrai !
mais peut-êtr’e qu’ell’e aimait pas le chocolat

Elle avait un nez tout petit avec deux trous dessous
que Cléôpatr’e ell’e serait jalous’e, sûr’ement !
Elle avait deux p’etit’es oreill’es percées au bout
que, quand j’e s’erai rich’e, j’y pendrai des lutr’es en diamant
Elle avait des joues si douc’es que je voudrais
être un’e bise pour lui dir’e “bonjour” toujours
Car moi je lui aurais donné mon coeur en vrai
mais peut-êtr’e qu’ell’e n’aime pas les abat-jour.

Elle avait aussi une bouche et un corps de merveille
même que la nuit, j’ y ai pensé des fois
Ell’e me faisait plus chaud que tous les soleils
que moi, mon cœur il était tout flagada !
Si je la revois je la grignoterais
avant qu’un goulu ne me la croqu’e tout’e crue !
Moi je lui aurais donné mon coeur en vrai
mais peut-êtr’e qu’ell’e aimait pas le chocolat … fondu.

Au volant de mon autobus

Au volant de mon autobus
Je peste contre le créateur
Qui a programmé mon foetus
Moi je voulais être facteur… Ou pianiste…

Au s’ecours, je ne suis qu’un message
Qui flott’e dans un embouteillage ;
Je suis comme un fou dans cett’e cage !
Je rêv’e de voyage, de voyage…
Deux vieilles à l ‘arrêt « Préfecture »
Grimp’ent en râlant que « ça fait haut ! »
Ell’es tempêtent sur la froidure :
Elle a bon dos la météo.

Comm’e le piment relèv’e la sauce
Monte un’e déesse au r’egard de fauve
Je sens mon moral à la hausse ;
Pourvu qu’ell’e n’aie rien contr’e les chauves

Avenue « Alsace Lorraine »,
B’jour Monsieur l’ancien combattant ;
On a mis sa petite laine ;
Faut s’habiller avec le temps…
Va, tout s’en va, arrêt « cime’tière »
J’y dépose les deux centenaires ;
Le bus est trop loin du trottoir ;
Enfin il aurait pu pleuvoir…

Il goutte (comme par hasard) ;
Je pose mes anciens maquisards ;
Reste la belle au r’egard de lionne,
Me rappelant qui j’e suis un homme…

J’e lui bafredouille un p’etit laïus,
Dans un virag’e, d’un geste auguste,
Mes bras et mes rim’es se lapsussent :
Je deviens un chauffeur de buste !
Je délire sans gouvernail
Vers son triangle des Bermudes,
Envoûté par cett’e Lorelei
Je me sens prendr’e de l’altitude.

Je m’envol’e, je suis au volant
D’un autobus articulé
Qui se déhanche en valse lente
Accordéonant son soufflet… DRING !
« S’il vous plait je voudrais descendre, chauffeur ! »
– Impossible de cette hauteur !
Car mademoiselle jolie
Vous êt’es les ail’es de ma folie !

Et pschiiitttt ! Là, un cim’etière !
Notre Dame et le Sacré Coeur !
Nous survolons la ville entière,
La Franc’e, l’Europ’e, allez chauffeur !

Tiens, bonjour facteur, vous aussi,
Oh, un piano à queue !
Salut Gilles

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