Ch’uis amoureux

Chui amoureux ! chui amoureux !
La vie est belle, je suis heureux !
Chui amoureux ! chui amoureux !
Les oiseaux chantent dans mon ciel… beleu !
Bien sûr, si elle l’était aussi,
la vie s’erait encor’ plus jolie !
mais que d’emander d’e mieux au Bon Dieu :
Chui amoureux ! amoureux ! amoureux !

Patron, c’est ma tournée, je veux fêter ma chance,
je viens de la croiser, la femme de ma vie,
mais ce qui me déçoit, disons, ce qui m’ennuie,
c’est son regard marqué d’un’e grande indifférence !

Je suis amoureux d’elle
mais c’est pas mutuel,
chui amoureux seul’ement
unilatéral’ement  ! Mais…

Chui amoureux ! chui amoureux !
Amour partagé c’est gâteau !
Chui amoureux ! chui amoureux !
C’est moi qui ai les deux morceaux !
Je suis comm’e  la bande à Renaud :
un couple à moi tout seul : perso !

C’est égoïste, pardon Mon Dieu, mais…
Chui amoureux,  amoureux, amoureux !

Chui amoureux ! chui amoureux !
Pour qu’ell’e le d’evienn’e c’est pas  sorcier !
Chui amoureux ! chui amoureux !
Pour la séduire il suffirait
qu’e chois mieux foutu, que j’aie du fric,
qu’e chois plus à l’hôpital psychiatrique !…

C’est là où y a des fous heureux !
Chui amoureux ! amoureux ! amoureux !

Moi qui suis amoureux, dans mon bonheur, je pense
à ell’e qui ne l’ est pas, j’imagin’e sa souffrance…
Quand j’e rentrerai chez moi, si un d’e ces jours je rentre,
j’e vais mettre au cou du chat, la cord’e qui d’evait me pendre !

Je n’e hurl’erai plus la nuit
à la mort qui me hante ;
j’e vais déboucher mon puits,
j’ai plus peur qu’il me tente !…

Chui amoureux ! chui amoureux !
La vie est belle, je suis heureux !
Chui amoureux ! chui amoureux !
Les oiseaux chantent dans mon ciel… bleu !
Bon…  si elle l’était aussi,
la vie s’erait encor’e plus jolie !
mais que d’emander d’e mieux au Bon Dieu :
Chui amoureux ! amoureux ! amoureux !

Chui amoureux ! chui amoureux !
La vie est belle, j’ai le moral !
Chui amoureux ! chui amoureux !
Patron ! Un’e tournée générale !
Bon… puisque tout l’ mond’ fait la gueule…
Tournée générale pour moi tout seul !

Je lèv’e mon verr’e, merci Bon Dieu !
Chui amoureux ! amoureux ! amoureux

Histoire véridique

Dans cette histoire véridique
Moi et ma sœur Monique
on y était.
Dans la ferme de chez nous
s’trouvait une pièc’e disions-nous,
désinfectée !

Des vestiges électriques
ne stalactitaient qu’un fil
et une douille.
Moi et ma sœur Monique,
au lasso et après mille
essais bredouilles,

on a fic’elé sur la douille
une corde qui pendouille,
un nœud en bas !
Oh , la belle balançoire !
Essayons de nous asseoir,
Moniqu’e, pouss’e-moi ! La,la,la, la !

L’installation électrique,
contrairement à Monique,
n’aime pas ça.
Ell’e n’aim’e pas qu’on lui chatouille,
ce qui chez ell’e s’appell’e “douille”
et patatras !

Ça a fait un gros éclair !
Je me suis r’etrouvé par terre :
“drelin, dreline”
Le jus qu’était dans la douille
est descendu dans les miennes,
j’en perds mes rimes !

Etat des lieux :
cell’e qui est rouge a du jus,
la bleue est neutre, j’en conclus :
monophasée !
Je suis relié à la terre
par un bout d’e chair jaune et vert :
normalisé ! La, la, la, la !

Epilogue :
Pour me punir, mon papa,
sur le c’erisier, m’attacha,
exhibant mes perles !
Mes appâts haute tension
ce jour-là eurent mission
de piège à merles !

De mémoir’e de cerisier,
on n’a vu pareil charnier,
un holaucauste !
C’était hitchcock-la revanche
et depuis quand on me branche
j’envoie la sauce !

Elle avait des yeux

Elle avait des yeux comme des étoiles dans le désert
mêm’e, que moi, et ben, j’aurais su où aller
Elle était gentill’e, gentill’e comme un dessert
où il y aurait du rab à volonté
Elle était jolie comme une  gourmandis’e sucrée
que pour ell’e, mon coeur, il s’erait en chocolat
car moi je lui aurais donné mon cœur en vrai !
mais peut-êtr’e qu’ell’e aimait pas le chocolat

Elle avait un nez tout petit avec deux trous dessous
que Cléôpatr’e ell’e serait jalous’e, sûr’ement !
Elle avait deux p’etit’es oreill’es percées au bout
que, quand j’e s’erai rich’e, j’y pendrai des lutr’es en diamant
Elle avait des joues si douc’es que je voudrais
être un’e bise pour lui dir’e “bonjour” toujours
Car moi je lui aurais donné mon coeur en vrai
mais peut-êtr’e qu’ell’e n’aime pas les abat-jour.

Elle avait aussi une bouche et un corps de merveille
même que la nuit, j’ y ai pensé des fois
Ell’e me faisait plus chaud que tous les soleils
que moi, mon cœur il était tout flagada !
Si je la revois je la grignoterais
avant qu’un goulu ne me la croqu’e tout’e crue !
Moi je lui aurais donné mon coeur en vrai
mais peut-êtr’e qu’ell’e aimait pas le chocolat … fondu.

Oh Barbara (version intégrale)

La toute première fois que j’ai croisé Barbara, j’ai tout de suite su que c’était elle.
Plus tard, elle m’a invité dans son appartement et là… oh ! J’ai gaffé ! J’ai pas été à la hauteur !

Comment expier de mes entrailles
cette honte qui me tenaille ?!

Ce cassoulet est de quelle marque ?
C’est toi qui l’as fait ! Hum !… remarque !
Et au fait, tu d’evais refair’e ton papier peint,
virer ces fleurs, c’est vrai que… hein !
C’est fait  !
Et comment va ta mère ?
Très bien ! Tant mieux ! Ah, c’est ton père…

Bon, ben… prompt  cassoulet … papier-peint ! … Condolé… rétablissement !

Disparaître dans la jungle , la toundra,
prendre le maquis
Et depuis, quand je croise Barbara,
mon ange me dit :
« Tir’e-toi par le bois ! »

Je ne l’ai revue que deux ans plus tard, et là aussi… Ach !

Comment expier de mes entrailles
cette honte qui me tenaille ?!

– Tu sors d’e la piscine, Barbara ?
– Non, j’ai un peu les cheveux gras…
– Et au fait, tu accouches quand ?
C’est fait  ! Ah ? Et depuis quand ?
Un mois !
Et  comment va ta mère ?
Vous l’avez enterrée hier !

Tant mieux ! … Sans déconner ! Bon, ben… bonne continuation…

Disparaître dans la jungle, la toundra,
prendre le maquis
Et depuis, quand je croise Barbara,
mon ange me dit :
« Tir’e-toi par le bois ! »

Ainsi s’achève cette saga ! La suite prochainement dans un épisode intitulé fort justement :

« Rendez-vous dans le bois ! »

Disparaître dans la jungle, la toundra,
prendre le maquis
Et depuis, quand je croise Barbara,
mon ange me dit :
« Tir’e-toi par le bois ! »

La fête de la chèvre

Bonsoir !
Mon vrai prénom, c’est Dominique. Cette chanson, c’est l’histoire de mes débuts. C’est ce qui m’a donné envie de faire ce métier ! Voilà, j’ai chanté à la fête de la chèvre, c’était super !

C’est super organisé :
l’e commentateur d’e la cours’e des biques
commentait sur podium béton ;
en face et en simultané,
j’e clamais mes chansons dramatiques
sur une planche sur deux bidons

Refrain : Quand’ y a  les conditions techniques,
faut pas décevoir le public

Parler de bid’e n’est pas exact :
pas de sifflet, pas de tomate,
l’indifférence à mon endroit,
sauf une biqu’e qui stationna,
immobil’e sous mon piedestal !
snif, snif, c’était un mâle !

Je me disais : “ c’est  mieux que rien :
un auditeur, fût-il caprin ! “
L’e spectacle avait changé d’e côté,
le speaker avait beau brailler,
les biqu’es se rangeaient en épis,
j’en tremblais, sous mes pilotis !

Les gens étaient pliés par terre
quand soudain, ce fut le tonnerre !
L’e troupeau comme un’e détonation
bondit contre mes fondations !
Je me défendis à coup de press’-book
mais partis à cheval sur le bouc !

La fin pourrait être ambiguë
car plus tard, un’e fois hors de vue
les coquines m’ont fait savoir
qu’ell’es appréciaient mon répertoire
C’est ainsi que dans le grand bois
j’eus tout un troupeau que pour moi

Quand’ y a  les conditions techniques,
faut pas décevoir le public. Merci !

A notre premier rendez-vous

A notre premier rendez-vous
je ne pouvais pas te dir’e tout.

J’étais comme un bouton de rose
et toi tu étais le printemps ;
t’étais comme un bouton de rose
et moi j’avais déjà trente ans.
On a effeuillé nos deux roses
comme on joue aux cartes, je suppose,
bluffant un peu avec malice.
Notre ping-pong dev’enait tennis
quand on l’effeuillait, atout sport,
cette marguerite de snob,
qui trop s’avançait avait tort :
près du filet, c’était le lob !
Heures exquises s’il en est !
T’étais Roxan’e, j’avais du nez !
On a parlé littérature :
le “parfum” de Süskind, bien sûr,
et la musique et la chanson…
Je te plus, j’en eus des frissons
car tu pensais connaîtr’e par cœur
celui qui t’avoue sans pudeur :

tu sais, tu sais…

ça pète un homme !
A table, dans le lit, dans les pommes
sur le chemin qui mène à Rome,
tu sais, ça pète un homme !
Ça vous fait croire que ça tonne,
ça se retient, se contorsionne,
et puis, ça pète un homme !
ça pète un homme !
Les jeunes loups ont un clapet,
avec le temps le ressort pète
et puis… Tout pèt’e chez l’homme !
Quand il estime qu’il abuse,
il fait en sorte que ça fuse
mais là… ça pue un homme

A notre premier rendez-vous
je ne pouvais pas te dire… Tout !

Monsieur l’allemand

Le champ de blé était fauché
Hurlaient les avions, la sirène
Petite, ell’e  courait se cacher
à toutes jamb’es sous le grand chêne
Voilà pour le décor, le cadre :
la débâcle en quarante-quatre
Voici de ce monde à l’envers
le récit que m’en fit  ma mère
Monsieur l’ Allemand, c’était la guerre
Cette fillette, c’était ma mère
Trop tard pour les présentations
Pas trop pour faire une chanson

Une moto et des soldats
Venus piller je ne sais quoi
Que vouliez-vous piller, vandales
Chez Gaude, c’était son cheval !
Maman tremblait sur ses huit ans
alors toi tout discrètement
D’un air ému et maladroit
tu lui tendis du chocolat
Monsieur l’Allemand, c’était la guerre,
Faut pardonner à ma grand-mère
Soupçonnait-elle du poison
Elle l’a enterré bien profond

Comme se déposent des armes
Maman raconte encore les larmes
qui coulèrent sur ta figure
quand tremblotant, tu caressas
son visage et sa chevelure
et qu’un prénom tu balbutias
Avec politesse la mioche
a dit : “merci Monsieur le Boche”
Monsieur l’Allemand, Meine Mutter
ressemblait-elle comme une sœur
à une gamine goulue
qui t’attendait, la revis-tu ?

Souvent je pense à ce récit
je pense à cet amour trahi.
Et même si ce n’est pas vrai,
où ton cadeau fut enterré,
il a poussé un plant de blé
Sur ce cim’etièr’e d’amour mort-né,
il en a poussé tout un champ
après la guerre, Monsieur l’Allemand.

Ski de fond

Dancing ! Night club !
Mais qu’est-c’e qu’i’ font là d’edans ?
J’e vais ch’eter un oeil…
Du ski d’e fond !
Sous de la neige en boîte
au son de la musique,
on peut skier en boîte !
Attention ! Ski nordique !
J’ai voulu de visu
cette info vérifier ;
m’y voici donc rendu
avec mes planch’es aux pieds,
mon bonnet, mes mitaines,
mon pull-over en laine…
“Allez les jeûnes, fait’es place !
Laissez-moi fair’e la trace !”
Parlant de trace, il me vient à propos
l’envie subit’e de faire pisser l’oiseau.

Qu’est-c’e qu’i’ font  ?…
Du ski d’e fond !
Sous de la neige en boîte
qu’une boule miroite
vérolant les visages :
chapeau le paysage !
Mes lunett’es de glacier
me font un p’etit peu “cier”
pour yeuter les minettes
qui skient  en chemisette.
“Hue !” Ils font du “sur place” !
C’est normal, nom de nom !
Je suis l’e seul efficace
à avoir des bâtons !
Vivement une pause que je puisse
songer enfin à desserer les cuisses !

Qu’est-c’e qu’i’ font  ?…
Du ski d’e fond !
Sous de la neige en boîte
décoll’etées les d’emoiselles
presque jusqu’aux savates :
que la montagne est belle !
Je sors mon appareil
pour faire une diapo ;
100 ASA sans soleil,
c’est “sous-ex”, pas de pot !
Je pos’e le sac à dos
et je gueule aux ados :
“Hoooo !  Fait’es passer la thermos,
le sauc., le calendos !”

”Et pas l’ombre d’un semblant de sapin
que je fasse enfin pleurer mon pingouin !

Qu’est-c’e qu’i’ font  ?
…. Non, c’est la pause ! (c’est reparti !)
Sous de la neige en boîte
un’e fill’e pique un “à-plat”
en se prenant les pattes
dans mes spatul’es en bois !
Me faut la ranimer :
bouche-à-bouche bien sûr !
Ell’e semble pas aimer
mon produit pour gerçures !
Bon sang ! Je n’y tiens plus !
Mes skis pour un mélèze,
que je puisse dessus
me soulager à l’aise…
Tout par un coup, j’aperçois un palmier !
La belle aubaine : houi ! Houi ! Ayé !

Oh ! Pardon, Monsieur le palmier !
Hein ?! Vous êt’es… disc-jockey !!?
Et ça c’est votre p’etit shirt !… O.K. !
Qu’est-c’e que j’e fous ?
(attention à la rime !)
Qu’est-c’e qu’i’ font  ?
…. Du ski d’e fond !
Qu’est-c’e que j’e fous ?
…. Je ne vous le fais pas dire !

Quarante ans

A quarante ans, putain !
Si sont bons mes calculs,
vu que à quatre-vingts,
je s’erai dans le sapin,
à quarante ans, putain !
Je bascule, je bascule !

Quarante ans, on est digne,
pas question de lifting,
on se bouge le pudding
en faisant du jogging,
un cheveu en banane
et les autres coiffés “moine” ;
quarante ans, on est in,
on s’appelle et on dîne.

Quarante ans, je bascule,
à propos de“bascule”,
elle crie ses haillons,
ma bedaine au bedon,
à quarante ans, c’est nul,
il faut faire taire haillons (“terraillon” !)

Quarante ans, camarades,
Quarante ans, je me tâte,
nos moyens d’e  production
s’écriv’ent en minuscules ;
nos points d’exclamation :
de petites virgules !
Quarante ans, je me tâte,
j’en ai gros sur la prostate !

Mais à quarante ans, Madame,
si sont bons mes calculs,
on a deux fois vingt ans,
pour fêter l’évèn’ement,
à quarante ans, Madame,
tu m’e bouscules et … on bascule !

tatatan !

Soupplice

Y’é trouvé au grenier
ouné poupée en terre molle
que nous rapporta
de chez les Incas
un vieux conquérant éspagnol, Olé !

On dit que grâce à ces poupées
les Incas pouvaient torturer
un ennemi même à distance
grâce à un cheveu expérience :
y’é mis un tif sur la poupée
et y’é piqué là où y’é pense … Ahou !

Chevelous dé tout poil, tremblez !
D’emandez pardon pour vos offenses.

Au début, la torture,
y’é la pratiquais que sur Bibi,
c’était égoïste,
ça dévénait triste…
Y’é mé souis ouvert à autrui, autrui !

Comme les infirmièr’es yé pique
en faisant gaffe au nerf sciatique,
y’é mé promène avec ma loupe,
y’é cherch’e des cheveux dans la soupe
pour le soupplice du cuistot
j’ sévis en douc’e sous le manteau… Ahou !

Et y’é retouve le traiteur
le cul dans le congélateur !

P’eti’tes aiguill’es, gross’es aiguilles…
Y’a des étap’es dans ma révolte
puis c’est le briquet, l’électricité…
douze, 110, 220 volts !

Un ch’eveu trouvé dans l’autobus,
avec la plum’e dé mon gibus,
y’é chatouill’e sous les bras de ma poupée et le chauffeur fait l’e chimpanzé !

Ouné poil sous un banc d’église…
Ce sans-gêne mé scandalise ! Ahou !

J’entends dans le confessionnal :
“oh oui, Seigneur, c’est bon, j’ai mal !”

Emmerdeurs, assureurs,
y’é né fais pas dans le détail !
Ma poupée s’offusqu’e,
y’é soulèv’e ses frusques :
ses fess’es sont ouné champ de bataille !
Aïe ! Aïe ! Aïe ! Aïe !

Quand la tendress’e prend le dessus,
y’é la caresse, y’é la parfume…
Parfois y’é coll’e deux cheveux dessus
et y’é mélange un blond, un’e brune…

Y’é caline, y’é la joue Ronsard : muumm !
Et y’é pique en alternance : ahou !…

Muumm… Ahou !…

C’est ainsi que neuf mois plus tard,
j’avais tout répeuplé la France !

lalalalala…

(ça, c’était pour les subventions !)

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